Racisme - Une idéologie de l'absurde

 Chers Craftiens, chers amis lecteurs,

Au vu de l'actualité, votre Magy met ,temporairement, à votre disposition l'entièreté du contenu de son livre "Racisme - une idéologie de l'absurde" publié en 2015 et disponible sur Thebookedition.com
(le contenu joint n'est pas le plus lisible et le mieux "affiché" mais votre Magy n'est pas informaticienne.

Bonne lecture à vous!

Magy Craft


A mon fils, né de l’amour et de vents divers
A Joyce, petite elfe qui réunit le soleil et la pluie
A Maxime et Claire, enfants d’horizons multiples
Tous chantent les océans
L’espace est leur demeure
Dépôt n° 1506-00001-83283-6246 ISBN 978-2-9601737-0-3
MAGY CRAFT
RACISME
Une idéologie de l’absurde au service de tous
Pamphlet
Introduction et notes
Au XXI° siècle l’Homme parle toujours d’anges et de démons qui ne sont que le reflet de sa propre dualité. Quelque soit le régime politique sous lequel il vit ou le système économique dans lequel il évolue, l’Homme reste attaché à ses peurs ancestrales, à ses avidités, à son égoïsme. Peu importe le vocabulaire qu’il utilise ou les décrets qu’il met en place pour s’afficher plus humain que son compatriote, l’état du monde est la preuve suffisante du mensonge qu’il se fait à lui- même en premier lieu.
En parlant de l’idéologie du racisme, on
dévoile le combat de l’Homme contre ses
paradoxes ainsi que sa place dans la
société. Aux cris de l’individualisme, il oppose cependant une position garantissant un maintien de cohésion et d’entre-aide sociales. Dès lors, ce citoyen ne peut plus se démarquer en tant qu’individu par rapport à ce qui se passe autour de lui et certainement pas dans les sociétés de régime démocratique où ces
dites sociétés sont inévitablement composées de l’ensemble de tous ces individus. Nous devons, par la force des choses, prendre conscience de cet état de fait et réaliser que nous sommes co- responsables des décisions et des évènements qui se déroulent dans nos pays mais aussi de par le monde.
Il en est de même avec l’idéologie du racisme.
Le racisme est une nouvelle idéologie qui repose sur une idée farfelue. Le racisme, c’est un mot récent, c’est la lèpre des temps nouveaux.
Les consciences modernes le condamnent, les politiques en font leur cheval de bataille. On plait à faire croire que le mot race est rayé de la constitution alors qu’il ne l’est que de la législation. Le but de ce livre n’est pas de faire le procès de l’un ou de l’autre ni de partir dans de grandes recherches historiques. Chaque exemple soulevé mériterait davantage de détails et de profondeur et d’autres exemples auraient mérités d’être cités. Si cela avait été fait, nous serions passé à côté du but recherché, celui d’expliquer simplement au
travers de faits connus de tous, anciens ou contemporains, l’absurdité de l’idéologie du racisme, comment on l’utilise à des fins peu reluisantes et surtout qu’elle sert d’outil à tous les protagonistes de nos sociétés et sert de paravent à des problématiques plus évidentes.
Afin de faciliter la compréhension de certains passages ou dans la retranscription de termes établis dans les pays concernés, j’ai utilisé, à mon corps défendant, des mots couramment utilisés pour différencier les humains dans certaines circonstances. Adjectifs, noms dont l’idéologie du racisme est friande. Il faudra comprendre comme suit : Occidentaux = Blanc, White, Caucasien, leucoderme
Africains (hors Maghreb) = Noir, Afro-
américain Asiatique = Jaune
Qu’est le racisme ?
Un mot mis au dictionnaire au XX° siècle, même s’il fut utilisé antérieurement et par les plus grands tel Voltaire. Une idéologie basée sur un drôle de concept. L’étrangeté d’une croyance fondée sur l’idée qu’il existe une subdivision de l’espèce humaine en trois groupes: Jaunes, Noirs et Blancs et qu’il existe une hiérarchie entre ces races. Cette croyance s’est répandue comme une traînée de poudre dans le monde entier. Elle a fait plus d’adeptes que n’importe quelle religion et a été inculquée de génération en génération sans que l’on se pose la moindre question.
La science et les scientifiques se sont
emparé du sujet pour justifier cette subdivision ainsi que deux nouvelles disciplines : l’anthropologie historique et la philologie. Au début, l’anthropologie se dépatouille tant bien que mal dans une tentative de classification des tribus, des nations et pose la question de l’infériorité et de son pendant.
On s’emballe dans les mesures crâniennes et le bruit court que chaque « race » aurait un crâne particulier. Aussi ahurissant que cela puisse paraître, les incultes ne sont pas les seuls à avoir avalé la couleuvre et pourtant cette époque n’est pas si lointaine.
Un diplomate français a même affirmé « que la race serait le seul facteur déterminant des évènements aux dépend des religions ».
Cette classification loufoque et dramatique
a prévalu, avec diverses tentatives de perfectionnement dues à l’influence des
idées linnéennes, tout au long du XIX°S.
Pendant deux siècles, l’idée qu’il existe
plusieurs races humaines, étagées en degrés d’importance prouvés
« scientifiquement », a été martelée et diffusée avec le plus grand sérieux par des gens dits respectables à la face du monde et enfouie dans le cerveau de chacun.
On doit se demander pourquoi il a été
aussi aisé de répandre cette idéologie à grande échelle avec une telle aisance. N’est-ce pas tout simplement parce qu’au fond de chaque être humain sommeille la
peur de celui qui n’appartient pas à sa tribu ? Car fondamentalement, on a beau s’entourer de toutes les merveilles technologiques, les mentalités n’évoluent pas aussi rapidement et l’Homme reste une créature attachée à son territoire, à sa tribu, à ses coutumes.
Cette nouvelle idéologie est source de bien des confusions qui ont empêché nos sociétés dites modernes de pointer correctement les problèmes existant au sein des différents groupes humains mais pire encore d’être utilisée comme arme politique tant par les adeptes de l’idéologie que par les victimes, les anti racistes ou encore la société dans son ensemble, elle- même conditionnée à son insu.
En ayant introduit les mots « race » et
« racisme » au dictionnaire au XX° siècle,
n’avons-nous pas entériné l’idéologie, n’avons-nous pas validé une inexistante
subdivision de races? Car il n’existe qu’une
seule race humaine et la génétique le prouve de nos jours, s’il fallait le prouver pour les sceptiques.
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Une subdivision qui sert aussi les « anti racistes », qui eux aussi sont coupables. En effet, affirmer que toutes les « races » sont égales, est adhérer à cette idéologie monstrueuse. Ce qu’ils devraient combattre, c’est l’idéologie en elle-même, ce qu’elle représente et la déclarer fausse. Pas de racisme, pas de victimes du racisme.
Ce n’est jamais simple comme beaucoup aiment à le clamer. En effet, et ce, de par le fait que l’exclusion a toujours existée. Il n’était, cependant, pas nécessaire d’ajouter une raison supplémentaire telle la subdivision de l’espèce humaine. C’est dans le monde politique des « anti
racistes » que l’on peut trouver la plus
grande hypocrisie. En France, par exemple, des élus ayant demandé la suppression du mot race dans la législation n’ont pas été jusqu’à finaliser leur idéal et le mot « race » reste bel et bien ancré dans la constitution. Certains de ces élus ont même joué de l’idéologie du racisme lorsque leurs projets n’étaient pas acceptés ou lorsque la dureté de la vie politique leur pesait. L’idéologie du racisme sert aussi les
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« victimes » à fin pas toujours très louables. Nombreux sont les pays qui gardent dans leur constitution le mot race.
Depuis que l’Homme existe, il a toujours, et pour diverses raisons, été protectionniste vis-à-vis de sa tribu, de son clan, de son village, de sa ville, de son pays. L’étranger apporte le désordre des idées, les maladies, prend les vivres parfois insuffisantes, ne prie pas le même Dieu. Les alliances, les mariages avec les étrangers sont prohibés, le métissage est un outrage.
Aujourd’hui encore cette description n’est
pas aussi démodée. Et il serait même très
difficile de justifier les exclusions, les meurtres et les malveillances par le mot racisme dans sa plus simple expression. C’est d’ailleurs devenu un vrai four tout. Un vaste sac qui sert tant les victimes par un effet perverse, que les politiques et qui est revenu comme un boomerang aux créateurs.
C’est pour cette raison qu’on a finit par donner un sens second à ce mot en l’accolant à un ensemble de personnes
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présentant des caractères communs et que l’on réunit dans une même catégorie. Mais comme précisé auparavant, nous possédions déjà tout un arsenal de mots adéquats, il n’était guère utile de valider cette idéologie en lui donnant un nom officiellement.
Il n’est pas toujours sage ou judicieux de vouloir absolument scinder les raisons du rejet de l’autre et de vouloir à tout prix trouver un nom pour chacune. Cela nous entraîne, comme nous le voyons, dans des dérives et des problèmes encore plus grands. Problèmes pour lesquels on s’accorde à vouloir créer d’avantage de lois qui nous emprisonnent mais qui ne modifient en rien la situation car ce qu’il faut regarder en face c’est avant tout la nature humaine, son évolution et les conditions qui font apparaître ses côtés les plus sombres.
Depuis l’apparition de l’Homme et sa solidarisation avec d’autres, il a développé le sens de l’appartenance à un groupe.
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C’est par le groupe et avec le groupe qu’il survit, bâtit un foyer, est protégé.
Le manque ou l’envie amène les groupes étrangers à se manifester et de manière générale peu amicale. C’est donc la guerre, pour un territoire de chasse, pour un abri, pour des femmes.
On dit qu’on évolue avec le temps et que le troc et le commerce ont arrangé bien des choses, ont aplani bien des désaccords. La méfiance de l’autre reste pourtant tenace et l’étranger doit montrer patte blanche.
Que ce soit dans nos contrées ou au loin,
il n’est pas question de mariage hors clan au départ, l’exogamie reste un problème
qu’on le veuille ou non. Et il ne s’agit pas
seulement d’une conviction unique aux leucodermes comme les « scientifiques »
les nomment (Blancs). Et ne parlons pas
des religions, de nos jours, comme un retour aux temps les plus obscurs, la religion est un obstacle énorme à l’union de deux personnes qui s’aiment mais qui n’appartiennent pas à la même confession.
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Posons une première fois la question : où se situe le racisme tel qu’il est entendu et défini ?
La création de ce mot a caché de nombreux problèmes inhérents à la mixité de nos sociétés. Trop focalisés sur ce concept inepte, les adeptes de cette idéologie, les « pro » et les « anti », sont passés à côté de l’essentiel. Ils restent aveugles et sourds aux raisons, aux motifs de chacun de ne pas pouvoir s’entendre et de trouver le bon compromis. On a juste préféré jouer le jeu des bourreaux et des victimes de la couleur de peau. Mais tous, nous sommes ou avons été bourreaux ou victimes et pas à cause de la couleur de notre peau et sans prise de conscience, cette roue infernale ne cessera de tourner dans un sens puis dans l’autre.
Il y a cette idée saugrenue avec la création de l’idéologie du racisme que seul
« l’homme blanc » est raciste. C’est en tout cas de cette façon que la majorité l’entend. Le but n’est pas ici d’entrer dans des considérations et des études sans fin, c’est
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un fait et on le sait et c’est cette version que l’on nous vend en Occident et dont on a davantage conscience depuis l’expansion de l’utilisation des réseaux sociaux.
Or, sur tous les continents depuis la nuit des temps, les Hommes se sont asservis les uns les autres. Les Arabes, qui s’enfonçaient dans la savane africaine pour enlever leur main-d’œuvre, furent des esclavagistes. Main-d’œuvre qui n’était même pas comparée à des sous-hommes mais à des animaux. Notons aussi que leurs frères Africains les vendaient aux plus offrants sans remord.
Au Japon, on retrouve la même
dépréciation vis-à-vis des Burskumin. Et on peut continuer longtemps.
On a constaté au fil du temps ce qui a été nommé le « racisme anti Blanc ». Un
concept fort discuté et pris avec beaucoup
de distance et de précaution surtout au
niveau politique tant pour les uns cela paraît absurde que les « Blancs »
dominants puissent subir le racisme et pour les autres pour éviter un accroissement de mésentente sociale due à
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une politique inégalitaire à l’encontre des autochtones. Le « racisme anti-Blancs » est une expression utilisée pour désigner un racisme spécifiquement tourné contre les Blancs. Ce racisme est vu comme un retournement du racisme d’où l’expression « racisme » à l’envers parfois utilisée en Europe et aux Etats-Unis car ce racisme évoque dans plusieurs pays le racisme exercé par les dominés, le racisme étant exercé par les dominants. Preuve sublime que de vouloir parler au travers de cette idéologie, non seulement, nous oblige à nous enfoncer dans un imbroglio impossible mais en plus que quel que soit le côté du mur, les citoyens déclarent exacte la notion de races multiples hiérarchisées !
Ce que je tente d’expliquer par ceci c’est
que l’asservissement d’un peuple par un
autre peuple n’est pas le fait des Occidentaux uniquement, que ceux qui crient à la victimisation ont été eux- mêmes auteurs de crimes identiques et que cela ne démontre pas qu’il s’agisse automatiquement du fait qu’il soit établi
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en leur chef l’idée ou la croyance de l’existence de plusieurs races humaines. Par contre, je suis certaine que la création de cette idéologie et de l’instauration du mot au dictionnaire a provoqué de nouvelles perversités que nous verrons plus tard.
Il a plutôt toujours été question de rapport de force, de sentiment de supériorité de par la richesse, l’évolution, la culture, l’habitat, les outils, le type de société. De nos jours, il en est encore ainsi n’en déplaise aux « anti racistes ». Car il ne s’agit pas de racisme mais d’intérêts personnels et de rapport de force, de sentiment de sécurité comme au temps les plus primitifs.
Pour, peut-être, comprendre et accepter
cet part obscure de nous et l’évolution
dans l’acte de soumission, de l’asservissement, on pourrait faire un simple détour par l’Antiquité.
Dans l’Antiquité, l’esclavage se pratiquait déjà. Il n’y avait pas cette idée de « race » ou quelque autre différence de nature
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entre le maître et l’esclave. C’était un état d’esprit inhérent à l’espèce humaine que l’on retrouve, comme on le verra, de nos jours sous d’autres apparences ou sous des formes détournées.
Ce qui a changé par rapport à l’Antiquité, ce sont les protestations officielles ou citoyennes via les réseaux sociaux ou les manifestations dans les rues quand des codes ou des conventions ne sont pas respectées. Mais cela ne change en rien la manière d’agir des êtres humains quelle que soit leur origine.
L’Antiquité était sans doute moins
hypocrite. Pas meilleure mais plus honnête
par rapport à ses choix.
En traversant quelques contrées de cette époque, on constatera que tous nous avons été victimes et bourreaux et que l’un ne rachète pas l’autre. Hier comme aujourd’hui, la « race » n’est pas le facteur déterminant mais bien les raisons économiques, de conquêtes et de butins de guerre.
En Chine, il semble que l’esclavage apparut vers 1600 av JC et se répandit
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rapidement à travers l’Extrême-Orient. La raison serait d’ordre économique avec la vente de parents (femmes, enfants) pour s’acquitter de dettes. De plus, les esclaves appartenaient d’avantage à l’Etat qu’à des particuliers. La guerre approvisionne aussi rapidement l’esclavage, inclus les nobles des royaumes conquis. L’esclavage était héréditaire. Cependant, un esclave pouvait être affranchis ou il pouvait racheter sa liberté. Notons, avant de juger les temps anciens, que l’esclavage n’a été aboli en Chine qu’en 1906 soit au XX° siècle !
En Mésopotamie, les civilisations de cette
région ont développé très tôt l’esclavage
surtout pour le travail. Il existait un code réglementé, preuve de l’habitude de la
pratique mais aussi que les esclaves avaient
des droits et une forme de protection.
On pense que le développement de l’agriculture, nécessitant une grande main- d’œuvre, en serait l’origine mais aussi les conflits incessants avec les cités-états (prisonniers de guerre).
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Au Royaume d’Israël, les Hébreux possédaient aussi des esclaves propriétés du maître. S’il s’agissait d’un « fils
d’Israël » devenu esclave pour endettement, il était libéré au plus tard après six ans. Assez surprenant, il était obligatoire de donner asile et protection à un esclave fugitif.
On retrouve cette pratique chez les Celtes, les Gaulois, les Germains et dans les sociétés précolombiennes. L’esclavage est un fondement des sociétés antiques et on ne parle ni ne pense au « racisme ». On sait qu’en Occident et dans un passé très proche, seuls les progrès techniques et technologiques ont changé les choses et forcé l’abolition de l’esclavage. Quoiqu’il soit maintenu dans certains domaines sous une autre apparence ou que l’on s’en serve sous un autre nom dans d’autres régions du monde à des fins de production économique.
On peut s’offusquer du comportement de
nos ancêtres, partout dans le monde, sans oublier que nous n’avons pas progressé, en se souvenant que pour les militaires
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gradés les comptes des réserves et des munitions sont plus vitaux que les troupes qui doivent tenir quel qu’en soit le prix.
Le prix de la vie dépend de la valeur que l’on accorde à la dignité humaine. On n’a guère besoin de se tapir derrière une nouvelle idéologie pour masquer cette réalité et se déculpabiliser.
Jetons un regard sur les évènements qui se déroulent en Amazonie, qui sont un
parfait exemple contemporain de l’imbroglio et des contradictions liés au
mot « racisme ». Tous les Occidentaux, les
Africains, les Asiatiques n’ont aucun
problème à voir mourir et disparaître
pratiquement en direct, sous leurs yeux,
les peuples de ces régions. Est-ce du
racisme ? Êtes-vous, sont-ils racistes ? Posons la question !
On ne compte plus le nombre de fois que
le monde politique et les médias ont été
interpellés pour qu’ils parlent de ce qui se trame en Amazonie, au Brésil. Tous restent bien silencieux ou presque. Il y a,
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heureusement, des militants auxquels se joignent quelques « grands » noms », des tracts, des pétitions mais le monde, la France et le Brésil restent sourds et passifs. Il s’agit pourtant d’un meurtre en direct ! Ces êtres humains sont-ils trop primitifs, trop colorés, pas assez conformes à nos standards?
Le Brésil est spécifiquement cité puisqu’il est directement impliqué par la construction du grand barrage de Belo Monte. Ce barrage est « vendu » par le Brésil comme remède écologique à la production énergétique nécessaire au pays mais aussi afin de le rendre plus indépendant surtout autour du bassin amazonien. Nonobstant les milliards d’euros que ce chantier va coûter à une population brésilienne déjà très pauvre, la production sera bien en-dessous que celle proclamée par le gouvernement et servira tout au plus comme appoint lors des pics de demande.
En 2012, le tribunal fédéral invalide la licence et fait cesser les travaux mais en août de la même année le président du Tribunal suprême fédéral suspend cette
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décision et les travaux reprennent immédiatement. !
C’est avec beaucoup de mépris et de condescendance que les responsables politiques brésiliens répondent aux autochones et aux divers groupes, agences pour les droits humains et environnementaux. Selon le gouvernement brésilien, le gain est supérieur au désastre et toute personne sensée se doit de le comprendre. Et puis, c’est quoi 500km2 de carnage dans la forêt amazonnienne?
La réponse qu’on peut leur donner est simple, c’est sauver des vies humaines, c’est éviter des déportations, c’est sauver une bio diversité, c’est préserver ce qui reste du poumon de la planète, et c’est éviter des impacts qu’on n’imagine même pas encore bien qu’on en ait déjà une idée en grande partie.
Mais ces raisons sont-elles suffisantes
même s’il est démontré que le but premier ne sera pas atteint (pourcentage de production électrique comparé à l’ampleur du chantier, des coûts et des dégâts) mais
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aussi et surtout, et dont on parle moins ou pas vraiment encore, de l’opportunité pour les compagnies (et le gouvernement brésilien) comme Belosun d’agrandir son espace d’exploitation à la recherche d’or et de polluer les sols avec du mercure, des multinationales canadiennes minières contre lesquelles des plaintes ont été portées mais ont été rejetées . «Le 28 juillet 2014, le Point de contact canadien a publié une évaluation initiale en relation à la plainte, indiquant sa décision de ne pas poursuivre la procédure en raison du caractère insuffisamment fondé des allégations. » Tout est dit !
On voit bien que de par le monde les
raisons économiques prévalent. Doit-on
dès lors motiver la disparition des autochtones amazoniens pour cause de
« racisme » ou de raisons économiques ? Nous n’avons pas changé par rapport à l’Antiquité. A la différence près que nous ne l’assumons plus ouvertement bien qu’il soit injuste de mettre tous les humains dans un même panier puisque certains font de leur mieux pour dénoncer les
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crimes, défendre les opprimés et même perdre la vie dans leur combat. Cependant, l’Histoire ne retient que les faits et met l’ensemble d’une société face à un verdict. Une société est responsable dans son ensemble de ce qu’elle permet ou non et de nos jours plus que jamais.
Dès lors, que devons-nous penser de la France et de son beau discours de fraternité, d’égalité et de rassemblement ? DGF Suez, EDF, entreprises françaises (pour ne citer qu’elles), sont également impliquées dans les projets de barrages du bassin amazonien dont l’ETAT est parfois actionnaire majoritaire. Ces dernières prônent les normes ISO pour les entreprises, les gouvernements et les sociétés. Il faudrait le leur rappeler et qu’elles le fassent savoir aux autorités nationales dont elles dépendent. En effet, GDF-Suez via sa filiale brésilienne LEME a été en charge des études d’impact environnemental sujet à de terribles levées de boucliers au sujet du barrage de Belo Monte.
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Hypocrites, les Etats s’arrangent entre eux. La France verse cent millions d’euros au Brésil dont le Ministre de l’Environnement réclame huit-cents millions de dollars de compensations aux entreprises engagées sur Belo Monte, notamment pour la préservation des terres autochtones. Un comble !
Quel regard poser sur la France contribuant à la destruction de l’Amazonie et des ses habitants et violant ses propres chartes éthiques.
La France est-elle « raciste » ou opportuniste ?
Sur son propre sol, paradoxalement, certains de ses ministres se disent victimes de « racisme ». Est-ce sérieux ? Le gouvernement tient un discours de rassemblement national et condamne tout propos « raciste » ou tout acte ségrégationniste. La façon dont il agit en dehors de son territoire n’est pas divulguée ouvertement à ses citoyens même pas de la part des ministres
« frappés d’ostracisme ». Est-ce pour la même raison que le mot « race » n’a été
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retiré que de la législation et non pas de la constitution française ?
L’idéologie du racisme est bien une arme politique.
Quand on fait un détour chez nos voisins Hollandais, on se souviendra de l’affaire de 2014 autour de pauvre « Zwarte Piet » alias Père Fouettard qui a bien failli être banni de nos traditions et priver Saint Nicolas de son inséparable compagnon. Nos petits, qui adorent se déguiser, se moquent bien de nos crises psychologiques et savent rester sages un petit moment de peur d’être grondés par Père Fouettard.
Hélas, il est passé par la tête des Néerlandais, originaires des anciennes colonies du Surinam et de Curaçao, soutenus par certains citoyens anciens colonialistes en manque de purification, de déclarer que laisser Père Fouettard accompagner Saint Nicolas lors de la distribution des cadeaux aux enfants est faire preuve de « racisme » !
Il faut bien s’accrocher quand on apprend qu’une commission du Haut
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Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme a ouvert une enquête sur le sujet.
Retournons en Amazonie.
Nous y trouvons aussi des sociétés hollandaises impliquées dans les projets de barrages. Nous connaissons maintenant les impacts dramatiques pour les populations et l’environnement. Malgré la procédure d’extermination des peuples occupant ces territoires, ni le gouvernement néerlandais ni les citoyens néerlandais (d’anciennes colonies ou pas), ne semblent s’émouvoir plus que cela. Il est, donc, plus important de débattre du cas de Père fouettard que de la déportation des peuples d’Amérique du Sud.
Les Néerlandais, tous confondus, sont-ils « racistes » malgré tout ou opportunistes comme tous les autres? A nouveau, le fait de nouer les évènements au lieu de les parcelliser montre que l’idéologie est une arme que l’on utilise à des fins d’intérêts personnels et qui déforme une réalité qui peut être retournée à l’expéditeur.
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Le Canada se trouve aussi de plein pied dans la région amazonienne pour l’exploitation de ses sols et participe de la même manière au drame qui frappe les habitants de la région concernée.
On pourrait penser que les Canadiens auraient appris du passé. N’est-ce pas ce que l’on nous demande à chaque commémoration ? En fait, pourquoi les Canadiens se soucieraient-ils des Amazoniens alors qu’ils ne portent aucune considération à ceux que l’on nomme les Premières Nations sur le territoire canadien?
Amérindiens et Inuits souffrent d’exclusion, de ségrégation et de pauvreté.
L’histoire des pensionnats révèle
clairement l’attitude génocidaire du Canada à l’endroit des peuples autochtones. Au cours du XX° siècle, le Département des Affaires Indiennes encouragea les internats pour autochtones (Amérindiens du Canada) afin de favoriser leur assimilation (!). Cette pratique de séparation des enfants de leur famille a été décrite comme un génocide culturel ou
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« le fait de tuer l’indien dans l’enfant ». Des cas de stérilisation forcée, d’expériences médicales contraintes et de tortures médicales, de meurtres et de charniers d’enfants ont été reportés. Néanmoins, ces écoles résidentielles ont existées de 1820 à 1996 ! Les Canadiens ont mis du temps à revenir sur des pratiques inhumaines. A-t-on assisté à un battage médiatique ou citoyen international à ce sujet ? Le Premier Ministre a présenté des excuses à Ontario en 2008 pour les cent trente-neuf pensionnats recensés au Canada dont douze au Québec. Plus de dix ans plus tard.
Le génocide est-il seulement culturel ? Le génocide est-il seulement « raciste » ?
Car le drame continue autrement.
La Charte canadienne des droits et libertés
qui fait partie de la Loi constitutionnelle depuis 1982, inclut des dispositions sur
les Autochtones dont le renforcement des droits de pêche et les droits relatifs aux autres ressources des peuples autochtones. Néanmoins, elle ne donne pas aux
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autochtones un droit de veto sur les décisions gouvernementales en matière de ressources, elle oblige seulement les gouvernements à consulter les communautés autochtones avant que ne commencent des projets de développement, ce qui prétend augmenter le pouvoir de négociation des autochtones.
Or, la loi sur les Indiens renferme des politiques et des programmes spécifiquement conçus pour exercer un contrôle sur la vie des peuples autochtones, de les obliger de vivre encore sous la tutelle de l’Etat.
Le Canada adepte de l’idéologie du racisme ? Ou le Canada est-il surtout intéressé, à n’importe quel prix, à la possession et à la gestion totale des terres usurpées à la Première Nation ?
Cela fait maintenant des années que les gouvernements des différents pays qui
« possèdent » une partie de l’Amazonie, se
moquent ouvertement des peuples amazoniens et des lois qu’ils ont mis eux- mêmes en place pour plaire au reste du
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monde. Tous les jours des hommes, des femmes et des enfants sont déportés, meurent, sont mal soignés. Leur nouvel univers est la pauvreté, la ségrégation. En dix ans plus de mille défenseurs des peuples autochtones, des travailleurs ruraux et de la forêt ont été assassinés par des tueurs à gage commandités par les grands propriétaires terriens. N’oublions pas de rajouter les multinationales et leurs exploitations gigantesques, tels les chercheurs d’or qui empoisonnent l’eau et les terres au mercure.
Le monde ne semble pas attacher d’importance à ces déportations qui obligent les habitants des régions, où les compagnies internationales décident ipso facto les exploitations, à abandonner leurs terres, leurs maisons, tout ce qui les représentait. Cette peine afflictive et infamante qui aboutit presque toujours à un internement dans un camp ou dans un autre lieu éloigné et souvent ingrat ne soulève aucune contestation des autorités internationales ou citoyennes en nombre suffisant alors que l’on prétend s’affliger
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du sort des réfugiés des pays en guerre qui tentent de rejoindre l’Europe. Pays où souvent nous sommes co-auteurs des drames que ce soit au niveau politique ou économique afin d’asseoir une toute puissance de contrôle.
Posons à nouveau la question : serions- nous tous » racistes » ? Ou motivés par des intérêts personnels et hégémoniques ?
Dans le cadre des sociétés et ne disons pas
peuples d’Amazonie, on peut sans aucun
trouble utiliser les mots ethnocide et génocide. Il s’agit bien d’un crime contre
l’humanité car on tend à la destruction
totale ou partielle d’un groupe national.
Nous parlons bien d’une atteinte volontaire, quel qu’en soit le motif, à la
vie, à l’intégrité physique et psychique et la
soumission à des conditions d’existence
qui mettent en péril l’existence même de ces sociétés. Et s’il faut dire société en place de peuple c’est bien pour éviter cette tendance à vouloir minimiser l’importance de l’événement comme certains souhaitent le faire. Ces personnes vivent en groupe
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organisé avec des lois, des règles et des intérêts communs.
N’est-il pas encore plus surprenant que des pays comme l’Afrique du Sud, par exemple, ne soit pas en première ligne pour faire exploser cette ignominie à la face du monde. Elle qui a vécu l’apartheid si douloureusement.
On cite beaucoup Nelson Mandela et il est admirable pour son courage et sa détermination. Justice, néanmoins, n’a pas été rendue vis-à-vis de l’ex président de la République, F. De Klerk, notamment lors de la cérémonie de décès de Nelson Mandela, où il a été complètement
« oublié ». Faut-il rappeler que c’est grâce
à F. De Klerk, qu’au terme de vingt-sept ans de détention, Nelson Mandela fut
libéré alors que F. De Klerk était à peine
en poste (1989). C’est toujours F. De Klerk qui leva sans conditions l’interdiction qui pesait sur l’ANC et trente autres partis politiques, fit suspendre la peine capitale, annula l’état d’urgence, autorisa les syndicats à mener librement leurs activités, assura tous les prisonniers
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politiques d’une libération immédiate et supprima les restrictions imposées aux exilés politiques.
Très important aussi et à retenir est que ce fut aussi F. De Klerk qui ouvrit la voie aux premières élections entièrement démocratiques en Afrique du Sud depuis trois-cents ans. Et comme dit précédemment, il libéra Nelson Mandela qui cinq ans plus tôt avait refusé d’être libéré s’il devait renoncer à la violence.
Cette ingratitude a-t-elle pour origine le « racisme » parce que F. De Klerk est
« blanc » et qu’il faut un héro « noir » en
Afrique du Sud ?
La question serait ici : la communauté
internationale est-elle « raciste » selon l’événement ?
Et quelle est la situation maintenant en
Afrique du Sud ? Comme dans tous les
pays où le colonialisme ou le joug sont tombés, la situation économique et sociale
ne s’est pas améliorée, elle se voit même souvent dégradée. Dans un premier temps, la faute est rejetée sur ceux sur qui
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on a gagné son indépendance. Ce que l’on constate ensuite, en Afrique du Sud comme ailleurs, c’est que les nouvelles
« démocraties » ne sont pas plus tendres ni plus honnêtes ni plus compétentes que les anciens « bourreaux » voire pire. L’Humain étant ce qu’il est, le pouvoir a la même odeur partout, les privilèges créent les égoïstes et les idéaux s’évaporent. L’Afrique du Sud reste par conséquent inégalitaire, pauvre, sans essor économique, corrompue tout en ayant
« Blancs », « Métis » et « Noirs » au
pouvoir et l’ANC en tête.
Un fait que l’on ne retrouve pas facilement dans les articles de presse mais que l’on constate en réalité est que la vengeance est bien humaine aussi et que le travail, denrée rare, n’est attribué aux
« Blancs » qu’en dernier recours. Les Métis au-dessus des « Blancs » et les Noirs au dessus de la liste. On dira qu’il y a plus de « Noirs » pauvres que de « Blancs », faut-il répondre à une évidence géographique et donc démographique? Ceci ne concerne pas la classe des riches ou la classe aisée car quelque soit l’origine ou « la couleur »,
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le pays, ces classes ne rencontrent jamais de problèmes.
Il est important de noter, pour mettre la balance en équilibre et montrer les deux facettes d’une médaille, qu’en 2009, Julius Malema (exclu de l’ANC en 2012) relance le chant traditionnel du temps où l’ANC luttait contre l’apartheid, Dubula ibhunu (tuer le Boer) et qui qualifie notamment les Boers (Afrikaners) de violeurs et de voleurs. Ce chant est considéré comme inoffensif par Malema bien qu’à sa suite plus de mille huit-cents meurtres de fermiers sont recensés depuis 1991. Ce dernier peut compter sur le soutien de Winnie Madkizela-Mandela, deuxième épouse de Nelson Mandela, ce qui n’est pas rien. Winnie Mandela est une personne trouble accusée et condamnée pour fraudes et vols mais aussi accusée de meurtre. Elle ne sera pas punie mais il est de notoriété qu’elle a commandité l’assassinat de Moketsi. (Moeketsi à l’âge de dix ans a rejoint le soulèvement de la rue contre l’apartheid dans les années 1980, avec Kenny Kgase, Pelo Mekgwe et
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Thabiso Mono, il a été enlevé le 29 Décembre 1988 dans le presbytère méthodiste d’Orlando, à Soweto. Moeketsi a été accusé d’être un informateur de la police et tué à l’âge de 14 ans. Son corps a été retrouvé dans un terrain vague près de la maison de Winnie Mandela. Sa gorge avait été coupée . Jerry Richardson, l’un des gardes du corps de Winnie Mandela, a été reconnu coupable de l’avoir assassiné. Ce dernier a affirmé que c’est sur ordre de Winnie Mandela que les jeunes garçons ont été roués de coups et que Moketsi a été assassiné).
Ce chant perçu comme raciste sera
déclaré contraire à la constitution par la justice sud-africaine en 2010. Mais
Malema n’accepte pas le jugement. Il est reconnu coupable pour incitation à la
haine. Il accuse même la Cour de racisme à son égard. On assiste à toute la
perversité de l’idéologie ! L’ANC annonce
en 2011 qu’il fait appel du jugement interdisant le chant contesté.
Les Sud Africains « noirs », « métis » et
« blancs » sont-ils « racistes » ? L’idéologie
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est à nouveau mise à mal. La situation démontre seulement que l’humain se bat pour le pouvoir et ses intérêts. Il agit d’une certaine façon quand il est dans le camp des perdants mais agit comme celui qu’il a décrié lorsqu’il accède au but visé. Les promesses d’égalité et de mieux être pour tous s’envolent comme les flammes du feu qu’il avait allumé.
On ne peut que constater au travers de ce qui se passe en Afrique du Sud que
l’idéologie du racisme n’est pas seulement
dangereuse mais sournoise car en y adhérant on s’engouffre dans un labyrinthe de déclinaisons et de nuances qui embrouillent les résolutions des problèmes et servent les causes des êtres néfastes.
Comme mentionné plus avant, il est d’usage de penser que le « racisme » est
exercé par » les Blancs dominants » envers
les autres « races » dominées.
On parle pourtant de nos jours, en Europe ou aux Etats-Unis, de « racisme anti Blancs » ou « racisme à l’envers » car
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ce « racisme évoque dans plusieurs pays le racisme exercé par les dominés».
Or, en Afrique du Sud, malgré la réconciliation, une partie de la population, jadis victime de ségrégation, refuse la paix, et menée par des leaders haineux, perpétue un climat d’insécurité, de violence et de manque d’avenir pour la nation.
Au Zimbabwe, le parti ZANU du président Robert Mugabe a mis en place une politique « raciste » visant à exproprier et chasser les Blancs.
Aux Etats-Unis, les expressions
« antiwhite sentiment » ou « antiwhite attitude » sont utilisées pour désigner la façon d’agir des groupes de Black supremacists prônant la supériorité de la
« race noire ». Des groupe organisés tels les Black Muslims et Nation of Islam. En France, il y a Stellio Robert Capo Chichi alias Séba qui crée en 2004 son mouvement la Tribu Ka qui prône aussi la suprématie du peuple dit « noir » et rejette le judaïsme, le christianisme et l’islam. Son ultime objectif : la ségrégation des
« races ».
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Finallement, ces personnes sont aussi adeptes de l’idéologie du racisme et considèrent, par leur militantisme, qu’il y a plusieurs races humaines avec une hierarchie. Leur seul problème, est la place de chacune d’elle. Quand on se situe en haut de l’échelle, l’idéologie est acceptable pour chacun semble-t-il. Est-ce de cette façon que l’on va apprendre à se
respecter et faire passer l’humain avant le profit et le politique? L’extrême droite l’a
bien compris jouant avec les « anti- racistes » qui lui donnent du grain pour son moulin. Ce « racisme inversé » qui soulève déjà tout un tas de commentaires, ne fait aussi que diviser les citoyens de l’Union européenne et leurs organisations. On joue sur les mots, on a peur d’adopter un slogan FN si on se défend, on minimise les faits d’agressions des autochtones (autre mot tabou) et on peut allonger la liste. Il semble évident que c’est contre l’idéologie qu’il faut lutter et non la valider en tentant de démontrer que toutes les « races » sont égales.
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Si on pense au sort des peuples d’Amériques du Sud, celui des Indiens d’Amérique du Nord n’est guère plus enviable. On ne va pas revenir sur tous les détails de l’arrivée des colons en Amérique du Nord mais rappelons tout de même qu’aujourd’hui les camps de rétention des Indiens d’Amérique couvrent une trop petite partie du territoire des Etats-Unis. Des terres qui leur sont prêtées alors qu’elles leur appartenaient ! La qualité de vie dans ces réserves est équivalente à celle des pays en développement. Alors, effectivement, pourquoi les nordistes devraient-ils s’inquiéter du sort des humains dans le sud du continent quand sur leur territoire, au XXI° siècle, les descendants des natifs, sont toujours considérés de manière injuste et malveillante. On peut, à nouveau et malheureusement, parler d’un véritable génocide des Amérindiens depuis l’arrivée des Européens au XV° siècle. Que ce soit par les maladies, les armes, les déportations et par la suite l’acculture et la ségrégation d’environ quarante-trois millions de personnes. Il ne s’agit pas
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seulement d’un passé encore proche mais d’une réalité bien présente qui concerne près de deux millions et demi d’Amérindiens et qui constitue l’un des cas de violation des Droits de l’Homme à grande échelle. Ces êtres humains sont parqués en détention dans des bidonvilles, victimes d’un système social et économique dont ils sont exclus depuis le départ, qu’on leur a imposé et qu’ils n’ont pas demandé. Le Gouvernement des Etats-Unis ferait bien de leur rendre leur autonomie au lieu de proposer des solutions qui ne servent à rien. Serait-ce une politique volontaire puisque les Etats continuent à faire le maximum pour gagner tous les espaces restants. Voilà le prix à payer pour les Amérindiens à vouloir rester sur la terre de leurs ancêtres. Nous parlons donc d’une politique décidée pour l’acquisition des terres qui dure depuis l’arrivée des colons.
Il n’est pas surprenant dès lors que les
Etats-Unis aient été en 2010, à la suite du
Canada, le dernier pays à ratifier la Déclaration des Droits des peuples indigènes aux Nations Unies.
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Ce n’est pas un hasard, c’est bien une suite logique d’occupation de territoire, de puissance économique et de pouvoir.
Bien que vivant sur les terres appartenant maintenant aux « Américains », les Premières Nations, les natifs donc, ont reçu la citoyenneté américaine seulement en 1924 soit plus d’un demi siècle après les anciens esclaves venus d’Afrique et leurs descendants. Cependant, longtemps encore, ils ont été exposés à la même situation que les Afro-américains, c’est-à- dire empêchés d’accéder à l’enseignement et être victimes de la ségrégation. Un bon Indien, n’est-il pas un Indien mort ?
1969 leur donne, après des luttes, le droit
à la liberté d’expression, la protection contre les recherches et les arrestations arbitraires, le droit d’engager un avocat pour se défendre, la protection contre les punitions inhumaines et dégradantes, contre les cautions excessives, l’abolition de la peine systématique d’un an de prison si les cinq-mille dollars d’amende ne peuvent être payés quel que soit le délit commis et autres droits fondamentaux.
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Mais à ce jour, aucun Amérindien, citoyen des Etats-Unis, n’a accès à la plénitude des droits des autres citoyens américains.
Une réalité qui peut être accablante comme lors de l’état d’urgence décrété en 2008 dans l’état du Dakota du Sud où les
« réserves » indiennes seront exclues du dispositif.
Les Amérindiens sont oubliés des Afro- américains et de l’opinion publique américaine et internationale. Y aurait-il aussi une hiérarchie dans les victimes frappées de l’idéologie du racisme si tel est le cas ?
Tous les Américains, Afro-américains
compris, fêtent joyeusement Thanksgiving surtout les plus croyants et les plus
charitables! Alors que cette action de grâce
pour les Américains est bien une manière
de remercier Dieu de la qualité providentielle du Nouveau Monde et de
la « bonne entente » avec les peuples indigènes, pour les natifs, ce jour représente le début de la destruction de leur monde et des guerres indiennes. Il fut
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même un gouverneur qui profita de cette date pour célébrer une victoire sur les Amérindiens.
Les Américains et le reste du monde continuent année après année à perpétuer et à ensevelir le génocide des rescapés qui essayent de survivre et n’oublient rien de leurs origines et de leur culture.
Les Etats-Unis comptent donc sur l’arme ultime, le temps, pour l’extinction des populations restantes et gênantes.
S’agit-il ici de racisme ? Les Américains sont-ils adeptes de cette idéologie ? La réponse qui va fuser sera affirmative, on n’en doute pas. Personne ne doute qu’aux Etats-Unis comme ailleurs dans le monde, il y ait de « vrais » adeptes du racisme. Ceux qui pensent mordicus qu’il y a plusieurs races humaines. C’est stupide mais c’est comme cela. Dans ce cas-ci, comme dans la plus part des cas, quand la ségrégation et l’extinction de tout un peuple ou de plusieurs peuples se font de commun accord avec les citoyens du pays concerné et les badauds du reste du monde sous la houlette du gouvernement
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du pays en question, il s’agit d’un phénomène bien plus complexe et sans doute bien plus grave et douloureux. En effet, peut-on imaginer des milliards d’individus adeptes de l’idéologie du racisme ? Même ceux qui par confusion sont anti racistes et donc ne combattent pas l’idéologie mais la place des races ? Non, on ne peut l’imaginer et nous en avons la preuve tous les jours heureusement. Alors, comment cela est-il possible au XXI° siècle maintenant que plus rien ne nous échappe, que plus une pensée ne soit décortiquée, un espace filmé ? Comment des populations vivant en démocratie et qui souhaitent vivre en paix sont-elles à même de pouvoir se laisser représenter et gouverner par une poignée d’individus qui ne fonctionnent que par le goût du pouvoir, les résultats économiques, la nécessité de suprématie et de domination? Il s’agit bien de cela. Si dès le départ, les natifs du continent américain avaient accepté d’être chassés de leur zone d’habitation, d’être utilisés comme main-d’œuvre bon marché, de rentrer dans les rangs sans rien contester,
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les massacres n’auraient pas eu lieu, les dirigeants n’auraient pas instauré une politique de haine accueillie facilement par des colons apeurés par des natifs en colère dont ils ne connaissaient rien. Ces colons immigrés ayant tout quitté surtout la misère pour la majorité et dont le rêve était avant tout d’obtenir leur lopin de terre pour s’y installer avec leur famille. Les raisons fondamentales sont bien, à nouveau, économiques et territoriales. Mais une fois la machine lancée, il est difficile de l’arrêter et de génération en génération, les histoires et les rancoeurs se transmettent.
Même les médias et la presse se chargent
peu de relayer ce genre de constat. Pourquoi ? Ils ont pourtant été les premiers à créer le chaos dans nos pays de l’Union européenne, ces dernières années, quand avec les gouvernements et les bons samaritains, ils ont semé la confusion dans les esprits citoyens en créant la classe de ceux en « isme » et « phobe » qui ne faisaient qu’avertir la société de la montée de l’islam radical.
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Car les Européens lucides sont-ils
« racistes » ? Toujours ce raccourci si facile qui culpabilise ou dédouane selon les cas. Transposons ce qui se passe en Amazonie avec les Islamistes radicaux. Imaginez que ces groupes s’emparent de votre pays et force les citoyens (c’est arrivé ailleurs dans le monde par la suite), à se plier à ses lois, à sa langue, à sa culture, à ses coutumes, à sa religion. Supposez que ces groupes déclarent que leur système de gouvernance est supérieur au vôtre et que donc les citoyens n’ont d’autre choix que de s’y plier ou de se faire massacrer. En plus, vos terres et vos biens vous seront volés. Vous n’aurez plus aucun droit, vous deviendrez des parias et l’avenir de vos enfants sera noirci. Nous le vivons de plus au moins près et nous ne sommes pas près de l’accepter n’est-ce pas ? Alors sommes- nous racistes de ne pas l’accepter ou de l’imposer ? Dans cette logique il y a de quoi y perdre son latin.
Nous avons procédé de même avec les Aborigènes d’Australie. Nous ne sommes jamais rassasiés.
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Nous retrouvons sur ce continent le même schéma. Une colonisation sur fond de massacres et d’épidémies. Une spoliation des terres des autochtones. Là- bas aussi, les natifs ont été parqués par les colons dans des missions et des réserves. Au XIX° siècle, on engage des « chefs protecteurs » des Aborigènes afin de veiller aux droits de ceux-ci et les protéger contre la spoliation de leur territoire ainsi que contre tout acte de cruauté. La réalité est toujours la même, sous couvert de rôle « social », ce contrôle va jusqu’à déterminer quels individus peuvent se marier, où ils peuvent vivre ainsi que la mainmise sur la gestion de leurs moyens financiers. D’autres mots mais la même idée de se débarrasser des ces individus encombrants et acquérir sans contrepartie tout ce qui leur appartient. Cette fonction de « protecteur » ne sera abolie qu’en 1970, on ne peut que constater les dégâts que plus d’un siècle de ce régime ont engendrés.
Ces êtres humains ont subi pendant soixante ans la politique du « White Australia » qui a autorisé le déplacement
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obligatoire des enfants aborigènes métissés de sang « blanc », des communautés indigènes.
On retrouve le système de l’éducation limitée et de l’emploi réduit. Les Aborigènes qui souhaitent quitter la réserve dans laquelle ils sont parqués, pour trouver du travail ou une école, doivent obtenir préalablement un laissez-passer ! On a compris qu’ils n’ont pas droit de vote. Fallait-il le préciser.
En Australie, on retrouve, aussi, la politique d’assimilation pour devenir un
« vrai » Australien. A la clef, il y a l’octroi
des droits de citoyenneté mais la suppression de l’identité culturelle. Toujours le même système en ce qui concerne la ségrégation dans les lieux public. Ce n’est que dans les années 1960 qu’une campagne aura lieu, pour une réforme constitutionnelle, qui inclurait les Aborigènes dans le recensement national et l’égalité des salaires.
En 1976, commence le retour vers les terres dont ils ont été chassés. Comme pour les Amérindiens et les autres peuples abusés, ces lieux sont miséreux et les
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fléaux de l’alcool et de l’acculturation y sévissent.
Ce n’est que dans un passé très proche, 1992, que la loi Britannique puis Australienne concernant la terre a été remise en question. Jusqu’à cette date, la loi était fondée sur le principe de « terra nullius » ce qui veut dire que la terre était vide avant l’arrivée des Britanniques et qu’elle n’appartenait donc à personne. Cette année là, la Haute Cour a remis en question ce principe et reconnu l’existence des droits fonciers des Aborigènes autochtones et certains groupes ont utilisé cette décision pour obtenir la reconnaissance de leurs droits sur leur terre ancestrale. D’autres n’ont pas réussi à surmonter les trop nombreux obstacles juridiques que la législation gouvernementale met au travers de leur route.
Cette politique de spoliation des terres que
l’on a constaté chez différents peuples a
un effet dévastateur socialement et économiquement. Sans parler des massacres dont ils ont été victimes au départ.
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En 1998 arrive un National « Sorry day » pour se faire pardonner les horreurs subies par les générations volées. En 2008, le premier Ministre demande aussi pardon. Bref, beaucoup de pardons mais il aura fallu attendre 2007 et une longue opposition avant que l’Australie ne signe la Déclaration des Nations-Unies sur les Droits des peuples autochtones.
Les mines d’uranium ne sont pas étrangères à l’avidité des colons et du gouvernement de posséder ces terres et s’ils peuvent les obtenir gratuitement, sans reproches de la communauté mondiale, pourquoi s’en priver ? Cela fonctionne bien aux Etats-Unis, en Amérique Latine, au Canada, ...
A ce jour, les conditions de vie des
Aborigènes sont encore déplorables et
inhumaines. Le taux de mortalité infantile
et le taux de suicide sont très supérieurs au
reste de la population. Leur espérance de
vie est moins grande.
Comme pour les autres peuples autochtones, seule l’indépendance, peut les sortir du cycle infernale dans lequel on les maintient depuis trop longtemps. Ils
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ont droit à leur terre, à leur culture, et à décider pour eux-mêmes.
L’extermination étant la phase finale, les populations d’Amazonie, sont victimes de ségrégation, d’humiliations, d’extorsions de leurs droits. Tout comme les Indiens des Etats-Unis et du Canada, des Inuits et les Aborigènes d’Australie. Aujourd’hui la charte des Droits de l’Homme est violée et des humains décimés dans un silence assourdissant. Les médias sont silencieux. Cela veut-il signifier qu’ils sont à la solde des Etats dans lesquels ils opèrent ? La liberté d’expression étant d’application dans les pays démocratiques, rien ne les empêche de dévoiler aux citoyens du monde ce que trament leurs représentants. Une autre raison serait que les médias adhèrent à l’idéologie du racisme ? Ou bien encore, un mensonge concernant la liberté d’expression dans les pays démocratiques ? Devons-nous nous orienter vers une convention entre médias et partis politiques ? La démocratie est-elle un leurre ? Quelle est la raison ? Si toutes les suppositions citées sont inexactes,
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devons-nous nous tourner vers les citoyens du monde ? Tous les citoyens du monde, où qu’ils soient, seraient-ils adeptes de l’idéologie du racisme ou préfèrent-ils fermer les yeux dans leur propre intérêt personnel ?
Si on se souvient qu’à partir du 17° siècle des millions d’Africains ont été transportés de force sur le continent américain, les premiers en Virginie pour les colonies anglaises, on doit à nouveau constater qu’il s’agit d’une question de main-d’œuvre servile et gratuite.
Encore et toujours pour des raisons
économiques les Américains (Européens),
après avoir enclenché les processus d’extermination des Amérindiens, se font
livrer des travailleurs sur lesquels ils ont une main mise totale. Pour les mêmes raisons économiques, Thomas Jefferson préféra ignorer le sujet de l’esclavage dans la Déclaration d’indépendance américaine en 1787 et dans la foulée excluait du droit de vote les Africains et les Amérindiens. Si cette décision est basée sur l’idéologie du « racisme premier sens » comme
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certains le disent, signalons que du droit de vote et oubliés dans la Déclaration figurent les femmes « blanches » et les pauvres « blancs ».
On peut dès lors constater que les Américains de l’époque sont « racistes » par rapport à la couleur, au sexe et au rang social. Ce qui met déjà à mal certaines des récriminations actuelles.
Les lois Jim Crow de ségrégation, les
« codes noirs » qui maintenaient les
« Noirs » dans une forme de quasi- esclavage bien après la guerre de Sécession furent abrogés en 1868 et 1870 par les XIV° et XV° amendements de la constitution garantissant la citoyenneté aux Noirs, garantissant le droit de vote pour les hommes sains et sans distinction raciale. Il est cependant très important de rappeler qu’en 1866 le suffrage universel fut étendu aux blancs pauvres, également privés de tous droits, dans beaucoup de législations sudistes. Dans cette lutte axée uniquement sur la « race », sont à chaque fois omis les pauvres et les femmes. Or les inclure déterminerait le climat social et des causes plus évidentes du maintien de
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pression sur certaines catégories de personnes. Malheureusement en 1877, dans le Sud, des lois discriminatoires réapparurent ainsi que des lois Jim Crow. Le Ku Klux Klan fit son apparition et ce fut le règne de la terreur jusqu’en 1965 date à laquelle une loi sur le droit de vote et la fin de la ségrégation complète envers les Afro-américains sera enfin votée. Il est malheureux que dans la misère, la peur, la ségrégation et la violence, la solidarité ne peut fonctionner. Si les Afro-américains avaient consenti à lutter avec les femmes, peut-être les évènements auraient tourné autrement. Nul ne peut le dire mais il est certain que diviser pour régner a toujours très bien fonctionné.
Pendant ce temps et pendant toutes ces
années, l’opinion publique a eu un grand mépris pour la ségrégation des Chinois d’Amérique et leurs moments douloureux. Qui le mentionne en même temps que la souffrance des Afro-américains ? La raison vient sans doute du fait qu’ils ne sont pas « issus » de l’importation de l’esclavage.
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Dès 1882 et pendant soixante ans existera la loi d’exclusion des Chinois. Le Nouveau Monde est accueillant et une terre d’espoir pour tous, d’espoirs déçus aussi. En 1882, il sera même voté le « Chinese exclusion Act » qui interdit la citoyenneté américaine et le droit de vote aux Chinois. Une loi qui ne sera abolie qu’en 1943 !
On suit le protocole et la mode. Il faut plaire à son électorat, aux citoyens, aux journalistes qui vont décrypter. G.W. Bush, Président des Etats-Unis, lui aussi, s’est vu obligé de se prêter au jeu du mea culpa et en 2003 a présenté l’esclavage comme l’un des plus grands crimes de l’Histoire. En 2008, c’est la chambre des représentants qui présente ses excuses pour l’esclavage et la « ségrégation raciale » envers les « Noirs «. Et puis, sur la lancée, en 2009, le Sénat fait de même sous la forme d’une résolution symbolique.
Tous ces remords n’empêchent pas les
Américains et leur gouvernement de
persévérer dans la spoliation et la maltraitance des Amérindiens, de
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participer au génocide des peuples d’Amazonie entre autre.
Et maintenant, que doit-on faire de tout ce monde « importé » pour raisons économiques quand on en a plus besoin ? D’autant plus, quand durant des générations, on a les a privés, pour des raisons de malléabilité, d’éducation et de moyens d’autonomie financière ? La société est confrontée à ses propres démons. Il faut subitement qu’elle comble en un temps record la différence de niveau éducatif et social d’un pourcentage extrêmement élevé de sa population. Ce qui n’est pas une mince affaire. D’autre part, durant des décennies, on a inculqué à la population issue de la colonisation qu’il était naturel « d’utiliser » ces humains et par la suite, on leur a enseigné qu’ils étaient un obstacle à l’emploi qui se raréfie et qui doit leur revenir de plein droit et non à ceux qu’ils avaient dans un premier temps « importés » pour l’exécution des tâches ingrates. Les politiciens sont à l’origine des deux discours soutenus par les entrepreneurs avides et les groupes de
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« vrais » racistes qui y trouvent un moyen légal d’épancher leur sadisme sans être condamnés et une population écartelée entre son intérêt personnel et des sentiments mitigés.
Il est clair, par ces tristes constatations, que crier au « racisme » est aisé et que ce mot tout neuf est un formidable paravent pour dissimuler les pires atrocités dans le monde issues d’autres motifs ou pour mettre un cache-misère devant les débâcles politiques en matière de gestion des différentes cultures de leurs citoyens et jouer avec leur conscience tronquée.
L’idéologie du racisme qui prêche l’existence de plusieurs races et une hiérarchie entre elles, se réfère, donc, aux trois grandes subdivisions établies : les Jaunes, les Noirs et les Blancs. Mais alors, où classe-t-on les Arabes, les Aborigènes d’Australie, les Amérindiens, les Inuits ? Cela devient compliqué.
On va dès lors se retrancher derrière le second sens apparu par la suite pour se sortir de ce guêpier, c’est-à-dire qu’on va
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parler d’un ensemble de personnes présentant des caractères communs. Idée sans doute sortie des neurones des « anti racistes ». Mais nous avions déjà un mot pour définir ce rejet, cette exclusion : la ségrégation. C’est pourquoi, les « anti racistes » sont aussi adeptes de l’idéologie du racisme. Ils combattent cette idéologie soit, mais on ne peut combattre avec les mêmes armes que ce que l’on accepte comme étant réel. C’est l’idéologie qu’il faut éliminer. Psychologiquement aussi ce serait bien différent pour les victimes de la ségrégation. S’entendre dire, nous sommes de la même et unique race est bien différent qu’entendre qu’il y a plusieurs races mais que nous sommes tous égaux car c’est cela l’anti racisme. Ne pas adhérer à l’idéologie, c’est admettre l’existence d’une et une seule race humaine. Dans le cas inverse, c’est garder un ascendant sur ceux qu’on prétend vouloir aider, comme toujours du reste. Et pour ces derniers s’est rester redevables de pouvoir avoir les mêmes droits que ceux qui les ont « hissés au même niveau », tout en gardant au fond
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de la mémoire qu’ils sont d’une race inférieure qui a été « anoblie ».
C’est tout un cheminement mental et moral mais sans ce dernier, rien ne changera dans la tête de chacun et l’impact au niveau des évènements sera toujours axé sur une raison erronée pour laquelle on ne parviendra à fortiori pas à trouver la solution adaptée.
Regardons cet aspect au travers de quelques exemples parmi une multitude. On peut commencer par les Afro- américains. Nous sommes tous d’accord, qu’au départ, les ancêtres de ces citoyens américains ont été arrachés à leur terre, à leur famille à des fins économiques et utilisés comme des bêtes de somme sur un continent étranger, ce qui leur retirait tous droits. Les descendants ont combattu longuement et ont chèrement payé le prix de la citoyenneté américaine avec tout ce qui s’y rattache.
Aujourd’hui, cependant, s’élèvent encore les cris de révolte liés au « racisme » et aux conditions de vie des Afro-américains. Le fait d’avoir un président Afro-américain
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ne semble pas apaiser le climat aux Etats- Unis. Néanmoins, un acteur Afro- américain a incarné le rôle de Dieu sans que cela ne soulève la moindre polémique. Ce n’est pas aussi anecdotique que cela peut paraître dans une Amérique très croyante.
Quand on parle de Martin Luther King, on songe à lui comme au défenseur de la lutte des Afro-américains pour la reconnaissance de leurs droits. C’est exact. On oublie, cependant, que le « fameux » discours « I have a dream » visait à défendre « le travail et la liberté ». Le rêve était, pour les Afro-américains, l’accès à la classe moyenne. Le problème n’était pas que « racial », il relevait d’une logique des classes sociales.
Même si pour certains philosophes, cette
classe est une construction sociale et idéologique. Nous pouvons nous y
accorder et dire de ce fait que tout est dès
lors idéologie et construction.
Le rêve de Martin Luther King incluait non seulement les Afro-américains mais aussi l’ensemble des classes défavorisées.
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On parlait de justice sociale. Il semble que même pour les défenseurs, il soit plus avantageux de rester fixé sur l’idéologie raciale que de transmettre le vrai sens du discours qui s’attaquait au système en tant que tel. Quelle pouvait bien en être la raison ?
Maintenant que le président des Etats- Unis est Afro-américain et que deux Américains sur cinq de la classe moyenne sont Afro-américains, la situation actuelle d’inégalité entre les riches et les pauvres relève-t-elle toujours de l’idéologie du racisme ?
Les électeurs et les leaders des mouvements pour les droits civiques protègent le président Obama au lieu de poursuivre les combats de Martin Luther King. Ils confondent symbole et substance. Est-ce pour cela que la question de justice pénale n’est toujours pas réglée et que sournoisement les acquis des droits civiques ont été remis en cause par la Cour Suprême?
95% des Afro-américains ont voté pour Obama et au lieu de lui demander des
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comptes, ils lui font aveuglément confiance. Tout simplement parce qu’il est Afro-américain.
Suite à la crise économique des subprimes, la situation des Afro-américains a empiré. Le taux de chômage les concernant est supérieur à celui des autres Américains mais cela s’explique par le fait que ces familles avaient surtout comme principal patrimoine leur maison dont la valeur s’est effondrée. Les inégalités se sont creusées surtout entre riches et pauvres quelle que soit leur origine ou couleur de peau.
La preuve se trouve dans le phénomène qui s’est produit, par exemple, dans la ville de Birmingham, Etats-Unis. L’intégration forcée des écoles de la ville, imposée par le Congrès, il y a cinquante ans, a provoqué une fuite des Américains « caucasiens » (comme ils disent, donc Blancs) vers la périphérie. Aujourd’hui, la ville est peuplée à 75% d’Afro-américains. L’élite afro-américaine déménage maintenant à son tour vers les banlieues effrayées par le taux d’échec scolaire et l’insécurité.
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On voit qu’il s’agit d’un problème de classe sociale ou d’éducation et non d’idéologie raciste.
Autre phénomène assez particulier qui mérite qu’on s’y attarde, est la manière dont on traite les informations, ce qui est assez courant. Dans cette même ville de Birmingham, cent-dix meurtres sont commis par an. On n’en parle même pas. Quelle en serait la raison? Probablement parce que ces meurtres sont commis entre Afro-américains. Si ce n’était pas le cas, l’information serait à la Une des journaux et les diverses organisations s’en serviraient comme du pain béni pour plaider leur cause ou attiser la flamme de la discorde. C’est cela qui est le plus pitoyable. L’utilisation de l’idéologie du racisme peut être aussi perverse et se retourner contre ceux qui l’utilisent. Dans ce cas-ci, le « racisme » n’étant pas une raison, personne ne se penche sur la gravité de la situation vécue par les citoyens de cette ville.
Il nous faut passer par quelques chiffres très simples qui vont expliquer d’eux-
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mêmes comment une situation peut se renverser en très peu de temps et pourquoi certains comportements sont conditionnés mais aussi pourquoi une situation ne changera pas malgré tout tant que le système lui-même ne sera pas modifié.
Les chiffres ne sont pas de 2015 mais cela ne change pas grand chose à l’évolution et à ce qui doit être démontré. (Chiffres issus de la Banque mondiale et du Bureau of Labor Statistics)
Les Etats-Unis en 2011 avaient une
population d’environs 312 millions d’habitants.
Environ 63% sont « white » - répertoriés
comme Blancs » les personnes d’Europe, du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord.
36% « autres » dont 14% de « Noirs »,
15% de « Latino » et le solde pour les Métis et les Asiatiques.
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La perspective démographique sera tout à fait différente vers la moitié du XXI° siècle, donc dans très peu de temps.
Les « Caucasiens » seront minoritaires et les Latino-américains représenteront 50% de la population.
A l’origine est la volonté politique d’assimilation plus rapide des Hispaniques, (wasp-white Anglo-Saxon Protestants), qui ont un taux de natalité plus élevé que les
« Caucasiens » et qui représentent
également des voix électorales non négligeables.
On se souvient que 96% des Afro- américains et 43% des « Caucasiens » ont
voté pour un président qui représente 14% de la population nationale.
Nous référant à cette première constatation, on peut déjà évaluer que le poids de l’idéologie du racisme est utilisé à des fins politiques et économiques et que l’on s’en sert selon les nécessités du moment. Il n’y a que les citoyens qui se laissent prendre au jeu ou en profitent
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pour laisser exploser leur violence ou leur frustration au travers d’une autorisation plus ou moins légale, sans distinction.
Revenons sur la pauvreté aux Etats-Unis pour bien faire valoir l’incohérence et l’injustice d’utiliser exclusivement l’idéologie du racisme comme arme de défense. A nouveau, ce qui suit démontrera que c’est l’idéologie qu’il faut combattre et non y adhérer en voulant mettre « toutes les races » au même niveau, vu qu’il n’y en a qu’une et que seule l’amélioration du système social est la solution.
En 2011, plus de 43 millions d’Américains
vivent sous le seuil de pauvreté. Les
Hispaniques et les Afro-américains représentent 25%.
On parle de pauvreté juvénile et qu’un enfant sur cinq vit dans une famille pauvre mais quand on voit que le taux de natalité le plus élevé concerne les Hispaniques et qu’en 2050 ils représenteront 50% de la population, il est temps de changer les mentalités et le système social sinon dans
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la logique des choses, le pourcentage de gens pauvres augmentera encore et cette fois-ci on ne pourra plus dire que ce sont les Afro-américains. Alors, quelle sera la nouvelle musique, sachant que la politique d’assimilation leur a été plus favorable ? On omet trop souvent de mentionner que les « Caucasiens » vivent aussi dans la pauvreté et qu’ils ont aussi été frappés par la crise économique.
Dans certaines régions le taux de
« Caucasiens » pauvres est le plus élevé. Il s’agit depuis toujours d’une lutte des classes, d’économie et non de couleur avec laquelle on a joué.
Il s’agit bien d’un fossé entre riches et pauvres qui se creuse. Et comme les « non Caucasiens » deviennent majoritaires et que ce sont eux qui bénéficiaient d’aides aux plus désavantagés, on continue à parler de « racisme ».
Le taux d’immigration continue aussi d’augmenter dans une période de non emploi. Là aussi, on ne peut parler de
« racisme » si le chômage touche davantage les immigrés. On ne va pas céder sa place aux nouveaux arrivants. Qui
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le ferait ? Les militants pour plus de justice ? Le travail est une denrée rare et tous ont des familles pour lesquelles il faut subvenir aux besoins.
Depuis les années 1970, les données de recensement montrent que les disparités
« raciales » dans le taux de pauvreté se sont réduites, pour qui veut bien le voir.
L’insécurité économique touche aussi plus de 76% des « Caucasiens » arrivant vers les 60 ans selon une nouvelle étude et cela n’a rien d’étonnant au vu de la situation économique et des conditions sociales. Les plus grandes disparités de la nation, de l’éducation et de l’espérance de vie à la pauvreté, sont dues au niveau de la classe sociale économique et non à l’origine ethnique d’un groupe de personnes.
Avec l’élection de Barak Obama, les
minorités actuelles ont eu un regain d’espoir alors que les « Caucasiens » n’en
ont eu aucun. Il y a même un vrai risque d’aliénation des « Caucasiens » si des mesures ne sont pas prises pour mener la lutte contre les inégalités sur un front
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commun. A l’échelle nationale 19 millions de « White » (Caucasiens) font partie des pauvres soit 41% des déshérités de la nation (1 famille sur 4) soit près du double du nombre qu’on obtient chez les Afro- américains.
On les appelle les » pauvres invisibles ». Ils se trouvent dans les banlieues et les zones rurales. Le comté de Buchanan, par exemple, compte 99% de pauvres dans sa population et ils sont tous « White ».
Pour la première fois depuis 1975, le nombre de foyers « blancs » gérés par des
mères seules vivant dans la pauvreté et
avec des enfants a surpassé ou égalé celui des foyers afro-américains.
Depuis 2000, le taux de pauvreté dans les
classes actives « white » a augmenté plus
vite que dans les classes actives « non-
white » pour atteindre 11%.
Ces citoyens ont l’impression que le
gouvernement s’occupe des autres et pas
d’eux. Cela ne vous rappelle rien ?
En Europe aussi et par exemple en Belgique, on se focalise sur la politique de la « discrimination positive ». Un concept incompréhensible. On aboutit à une
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éducation qui fournit des diplômés qui ne sont pas à la hauteur de leur diplôme. L’Europe a toujours eu un train de retard sur les Etats-Unis au niveau technologique mais aussi en matière de gestion
« postcoloniale » et des nouveaux arrivants. Elle ferait bien de s’en inspirer. Il est évident qu’au niveau social et éducatif la politique d’intégration ne porte pas ses fruits positivement et à contrario les autochtones subissent des effets négatifs qui engendrent un climat social chaotique. Sans doute parce que nos intellectuels ont lu quinze après les Anglo- Saxons, les « postcolonial studies », et les qualifient de pionnières alors qu’elles étaient dépassées !
Il est temps de considérer le problème au
niveau national et au niveau des inégalités
sociales plutôt que de se focaliser sur la
couleur de peau d’un groupe. Comme on
le voit, selon le groupe majoritaire ou
minoritaire en place dans le pays, les
évènements et les analyses peuvent différer.
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Par ailleurs, de par la démographie le paysage de la société des Etats-Unis va changer et si la vision ne change pas, les problèmes seront identiques mais en sens inverse. Pouvons-nous penser que les Afro-américains et les autres minorités actuelles sont plus angéliques et qu’ils ne réitéreront pas les erreurs du passé ou ne seront pas avides de vengeance ?
Il existe depuis longtemps des groupes adeptes de cette idéologie raciste qui placent les Afro-américains en pôle position.
L’idéologie existera toujours mais avec de
nouveaux bourreaux et de nouvelles victimes. Le racisme est-il par nature
raciste ? Ou est-ce bien l’égoïsme humain qui prime que l’on soit dominé ou
dominateur ? Car dans la faute rejetée sur
l’autre de sa situation, qu’elle soit justifiée
ou non, tous oublient qu’au même moment, dans leur pays, et un peu plus
loin, un génocide est exercé à l’encontre
d’êtres humains sans défense afin de s’approprier leurs terres à des fins purement spéculatives et économiques. Le passé des uns ne sert pas le présent des
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autres et le front commun n’existe pas. Ce qui est dommage et déplorable car l’issue sera fatale pour tous.
Un élément qui forcera, peut-être, la société à abolir la classification des humains par catégories « raciales » et qui alimente l’idéologie du racisme est la croissance du taux des ces Américains qui « se classent dans la case « autres « ». En effet, en 2010 les mariages mixtes dépassaient les 15% et ils sont en constante évolution. Alors, oui, dans quelle « case » mettre tous ses enfants issus de la mixité ? Cela n’a aucun sens. Voilà, le vrai visage des Etats-Unis mais aussi du monde de demain. Voilà pourquoi cette stupide idéologie mourra comme elle est née.
En Europe, la situation n’est guère meilleure et nous n’avons aucune leçon à
donner, comme nous l’avons partiellement
vu, à personne. Dans mon premier livre
« Quand la terre tourne carré », l’hypocrisie, la schizophrénie et les paradoxes des acteurs de la société, aux
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travers de différents thèmes, avaient été évoqués. Voici, un sujet supplémentaire dans lequel les citoyens, les politiques et les médias ont bien du mal à rester cohérents.
Si aux Etats-Unis, c’est aux Afro- américains auxquels on pense quand on parle de « racisme », en Europe occidentale, c’est immédiatement aux personnes de confession musulmane. Notez bien la différence ! Dans ce cas-ci, il ne s’agit même plus de « race » mais bien de confession mais cela ne semble pas gêner grand monde, du moins pas au début. Par ailleurs, de racisme, on a glissé vers le terme d’islamophobie. Nous nous retrouvons sans procès face à des millions d’Européens accusés d’être islamophobes. Il semble apparemment normal de formuler une telle accusation au nom de la défense d’êtres dits opprimés. Avons-nous été naïfs de croire que nous avions tous les mêmes droits ?
Faisons un petit topo de l’islam et de son rapport au « racisme ».
L’islam est un monde dont l’esclavage est une composante. Au VII° siècle après JC,
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Omar ibn al-Khattab édite une loi qui interdit la servitude d’un musulman. Cela aura comme conséquence les razzias en Afrique « noire » et dans le sud de l’Europe ainsi qu’en Europe centrale. Nous n’y avons pas échappés. Les captifs seront vendus comme esclaves. Environ dix-huit millions d’humains seront victimes de ce commerce jusqu’au XX° siècle avec un taux de mortalité tel que l’on peut parler de génocide dès lors que les « traces » de leur passage ne sont presque plus visibles surtout si on fait la comparaison avec les Etats-Unis.
Avec l’islam, il y a toujours cette
intersection du religieux et du politique. Donc, la raison économique est absoute
par une raison religieuse. C’est sans doute
au travers de ce trafic d’esclavage-ci que l’on peut le mieux constater toute
l’hypocrisie contemporaine de rancœur et
d’alliances. L’esclave dans le monde musulman était, sans entrer dans les détails, destiné soit à l’armée, soit aux tâches domestiques, aux travaux agricoles, ou encore aux harems. Les femmes
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asservies sexuellement ainsi que les jeunes garçons. La mutilation était aussi pratiquée dans le cas des eunuques, ces hommes esclaves chargés de garder les harems.
Il y a trois niveaux de castration. La plus radicale est l’ablation des testicules et du pénis le plus près du ventre. C’est cette horrible méthode qui était destinée aux esclaves eunuques.
Autre hypocrisie, la castration est interdite en islam. Qu’à cela ne tienne, il y a toujours moyen de contourner l’obstacle et de faire avaler la pilule par les croyants. La tâche sera dévolue aux Juifs et aux Chrétiens à prix d’or. L’argent n’est pas
« raciste ».
Ce devait même être très rentable car sans
desservir le monde musulman, la castration continuera dans le monde
catholique européen jusqu’au XVIII° siècle.
On remarque à nouveau malgré un autre
continent et une autre religion que la raison est la même. Les raisons sont d’intérêts personnels et commerciaux. La domination du plus faible par le plus fort.
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Dans le cas présent, il y a même « union sacrée » entre les ennemis des Croisades, un vrai travail d’équipe !
Encore une fois, on crie au « racisme » au moment le plus opportun.
Par la suite quand les intérêts divergeront un moyen sera trouvé pour retourner les foules et faire en sorte qu’elles agissent selon l’humeur du moment. Les musulmans d’aujourd’hui n’ont aucun problème avec leur conscience en ce qui concerne l’esclavage. Cela se ressent quand ils se posent en victimes du
« racisme » exclusivement en oubliant cette partie de leur histoire, nous
renvoyant sans hésiter à notre période de l’Inquisition.
On peut se demander pourquoi, d’ailleurs, l’esclavage et les millions de mutilés ne sont pas un poids dans l’histoire de l’islam. Sans doute parce que cette castration n’est pas aussi anodine. Conçue du raffinement chinois, deux-milles ans avant JC, la castration a été exportée dans les pays musulmans et jusqu’en Italie (castrats). Cette exploitation et cette torture
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d’esclaves restent les plus inhumaines qui soient. L’un des objectifs est d’empêcher que les esclaves étrangers ne fassent souche. La castration se solde par une mortalité effroyable.
Il ne faut en aucun cas négliger la participation active, la complicité des chefs des tribus dont sont issus les esclaves en terre africaine car sans eux la traite aurait été bien plus difficile voire impossible.
Ces chefs de tribus sont-ils dès lors
« racistes » envers leurs frères ou à la solde
des Arabes pour des raisons pécuniaires ?
Faut-il dire que dans les années 1990, l’escorte des Imams en pèlerinage à la
Mecque ou à Médine était composée de
castrats originaires d’Ethiopie. Est-ce croyable ?
Et que dire de nous, Européens, sortant nos pavillons de l’indignation quand on pense aux castrats recherchés par les mélomanes et l’Eglise qui interdisait aux femmes de chanter dans ses lieux saints et ce jusqu’à la fin du XIX° siècle !
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Les colonies sont en tout cas un merveilleux moyen de démontrer les doubles discours d’antan et actuels. Déjà à l’époque se posait la question du choix entre moralité et diplomatie politique. 1848 est la date officielle de l’abolition de l’esclavage en Algérie. Ce n’est pas si loin. Les autorités françaises impériales et républicaines ont plus que toléré la continuité de la traite bien après cette date. En Algérie et au Sénégal, la situation est plus délicate pour les diplomates. Au Sénégal, par exemple, le gouverneur demande aux autorités locales de refouler les esclaves qui demanderaient asile dans les colonies françaises pour ne pas déplaire aux Maures qui sont esclavagistes et qui sont les seuls à ravitailler la colonie. Pendant plus de vingt ans les décrets d’abolition seront mal appliqués ou amendés, sans que la France n’agisse vraiment.
Partout en Europe l’abolition de l’esclavage est déclarée, au fur et à mesure, par les pays le pratiquant. La morale l’exige. Dans les faits tout est bien
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différent pour les sempiternelles raisons diplomatiques, économiques et politiques.
Un autre point qu’il est intéressant de lever dans le cadre de cette idéologie du racisme est le pied de nez que l’islam radical a fait au reste du monde et même à ses propres « ouailles » qui s’entre déchirent à propos de leurs origines. Alors que la majorité des Maghrébins (petit Maghreb = Maroc, Algérie, Tunisie et grand Maghreb inclus Mauritanie, Libye et le territoire contesté du Sahara occidentale) s’identifient culturellement aux Arabes, ils seraient ethniquement plus proches des Berbères et de certains Européens qu’ils ne le sont des Arabes suggérant néanmoins une petite contribution génétique. En effet, comment quelques envahisseurs Arabes auraient-ils pu, génétiquement et matériellement, changer des millions de Berbères en Arabes ? L’identité arabe (arabo-musulmane) du Maghreb relève donc plus de la fiction que de la réalité. C’est une idée récente comme l’idéologie du racisme. Les Berbères ont été arabisés,
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le savent-ils ? Car les Arabes, eux aussi (décidément le podium de la première place devient étroit), se considèrent comme la « race » supérieure, celle qui de droit divin, doit détenir pouvoir et richesse. Ils se distinguent de cette façon des non Arabes qui sont des êtres de seconde zone, les peuples dominés. Aujourd’hui encore, ceux qui optent pour la culture et la religion musulmane restent aux yeux des Arabes de souche des « non Arabes ». Les Arabes du Golfe considèrent toujours les Maghrébins avec une condescendance certaine, ils sont de seconde catégorie.
Les Arabes sont-ils « racistes » ? Un cliché
que l’on peut abolir est bien celui de la
suprématie « raciste » du « Blanc » quand
on constate les différents groupes humains qui prétendent à la première
place depuis la mise en place de cette idéologie.
Pourquoi les Berbères ont-ils opté pour le
choix de renier leur berbérité et se déclarer Arabes ? A nouveau pour des raisons personnelles et économiques. Pour
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pouvoir profiter des gains des puissants du moment. Rien n’a changé de nos jours. Quand on cite l’extrême droite dans nos pays et l’un de ses dogmes qui est la pureté de la race et le repli nationaliste, il en va de même avec l’ OUMNA islamique. Il s’agit de cette tentative de gommer de la mémoire collective toutes les composantes de l’identité nationale ou maghrébine et d’imposer la conception d’une pureté identitaire imaginaire alors que le reste du monde s’oriente vers le multiculturalisme.
Voilà, sans doute aussi, une des raisons pour lesquelles l’islam radical se déploie si facilement : une origine, une identité, une religion, un ennemi, un combat.
Il a fallu du temps, malgré que certains
indices, certaines positions politiques
démontrent que ce ne soit pas ancré encore dans l’esprit de tous, que le religieux et le politique sont intiment liés dans le monde musulman. Ce manque de connaissance ou de refus de lien dans le quotidien a provoqué un aveuglement certain chez les Occidentaux, aveuglement
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suffisant pour ne pouvoir être à même de détecter les astuces utilisées par les différents protagonistes islamistes pour s’infiltrer dans nos sociétés et y forger des nids de soldats conditionnés au combat pour le développement d’un monde islamique. Les Occidentaux n’ont pas été les seuls dupes de la machination des radicaux et de leur idéologie, les musulmans aussi particulièrement ceux de la diaspora. Ces derniers ont mis plus de temps que les Occidentaux à se rendre compte de l’endoctrinement dont ils étaient victimes et aujourd’hui encore il n’est pas simple de leur faire entendre raison. L’explication est très simple. Le procédé a été astucieux puisqu’il a été axé sur deux thèmes importants : l’identité et la citoyenneté des musulmans dans un pays « d’adoption ». Tous les mécanismes de conditionnement nécessaires ont été mis en place sans que ne réagissent des intellectuels musulmans européens ou nos politiques. Le monde politique toujours focalisé sur le court terme et les voix électorales a commis l’irréparable comme nous le constatons de nos jours. Certains
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citoyens et diverses organisations croyant bien faire, mais peu au fait de la culture musulmane, ont facilité le processus d’infiltration et de développement des cellules radicales sur nos territoires. Ils ont causé du tort tant aux musulmans non radicaux qu’à leurs compatriotes et à eux- mêmes. Leur virulence a été d’une extrême violence.
Les Occidentaux sont restés focalisés sur les populations immigrées et
principalement les musulmans du Maghreb et de Turquie. Or, nous savons
que les musulmans sont présents partout
dans le monde et que de ce fait le mouvement de la radicalisation peut
s’étendre très rapidement. Personne n’a
tenu compte de l’Oumna. Faut-il le remettre en mémoire ?
En Europe, on est évidemment resté obnubilé par un seul thème sans regarder l’origine du phénomène et ses ramifications, de cette façon on s’est laissé mené comme des pantins dociles. On s’est laissé prendre dans le jeu stupide de cette idéologie du racisme et des sacro saints
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mots en « isme » et « phobe ». Il fallait à tout prix éviter l’amalgame des « bons » et des « mauvais » musulmans. Et les cris venaient des citoyens originaires du Maghreb et de Turquie. Ces cris ont été relayés par diverses organisations musulmanes mises en place en Europe, par des « élus » communaux pas du tout objectifs, les partis politiques
« démocratiques » en quête d’électeurs, les médias et certains citoyens tout aussi conditionnés que les autres. Car le premier élément qui aurait du attirer l’attention, était qu’on opposait une nationalité à une religion. Le problème du « racisme » était et est toujours mal posé.
Il a fallu la guerre contre le terrorisme finalement par toutes les Nations pour que le discours change. Auparavant, les citoyens non musulmans ont endurés une bien grande injustice et ont du souffrir de porter l’étiquette de « racistes » alors que ce n’était pas le cas. On n’oubliera pas que sous la poussée de ces divers groupes et politiciens « en mission », des aménagements particuliers ont été faits pour la communauté musulmane au
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détriment (et non égalitairement) des autres citoyens qui se sont sentis blessés et exclus. Voilà, comment un gouvernement et des « anti –racistes » contribuent à diffuser une idéologie et à créer des troubles au sein d’une société.
Ce que l’on a surtout mélangé c’est le développement du radicalisme et la situation économique et sociale d’une certaine population. Au lieu de crier à la ségrégation raciale, qui par ailleurs selon l’idéologie ne peut être en ce qui concerne les personnes Maghrébines, il aurait mieux valu analyser, en dehors des principes de culpabilité, pourquoi la troisième ou la quatrième génération refuse toujours en majorité de suivre les cours, ne parle pas correctement la langue ou une des langues nationales, reste figée dans un rejet du pays où elle est née et qui entretien réellement cette idée, que fait cette génération pour être à même d’avoir un travail qualifié et vivre comme les autres citoyens avec qui ils partagent les mêmes droits, et on peut continuer. La perplexité demeure face à cette pseudo discrimination. Elle serait réelle dans un
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ou deux pays, on pourrait l’accepter. Mais le problème est généralisé dans tous les pays où ces populations ont immigré. Il y a donc bien plus qu’un problème « racial ». Nous donnons sans doute une bonne partie de la réponse en citant une organisation mondiale connue « La Ligue Mondiale Islamique » qui possède des fonds considérables (Royaume d'Arabie Saoudite), qui organise des séminaires réguliers. Organisation qui doit et devait être connue des organismes d’états ainsi que de nos responsables politiques. Ils avaient eu des années pour enrayer le radicalisme islamiste dans l’Union européenne en tous cas ne pas faciliter son expansion.
Voici quelques « missions » de
l’organisation pour les musulmans en
Europe concernant leur citoyenneté et identité.
« Eviter les problèmes d’assimilation, les centres et les associations
Islamiques en Europe doivent œuvrer à la nécessité de faire connaître aux
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musulmans dans les pays d'Europe, les lois qui définissent les droits.
Inciter à organiser des activités culturelles qui traitent de la citoyenneté dans les sociétés européennes ainsi que les devoirs des musulmans dans ces sociétés, à notamment distribuer des brochures qui peuvent aider la communauté musulmane à connaître leurs droits religieux et civiques. Elaborer des études scientifiques dans le but de construire une nouvelle stratégie ayant pour objectif de répandre la culture islamique et de faire connaître la civilisation islamique, ses bases culturelles, scientifiques ainsi que sa contribution positive dans la civilisation humaine. Elaborer des plans pratiques afin de développer ses ressources matérielles et humaines ; chercher à créer des projets pour s'autofinancer, pour garantir la continuité de ses activités aux services des musulmans de façon à préserver leurs droits et les protéger contre une assimilation totale. (...). «
Faut-il expliquer que les directives ne conseillent pas simplement de garder son
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idendité culturelle. Nous l’avons constaté dans les demandes (et obtenues) de modifier socialement notre façon de vivre et même celle de nos enfants, comme par exemple la nourriture à l ‘école. On nous présente la nourriture halal comme plus
« naturelle » et certains Occidentaux mal informés le croient. Pour eux c’est comme manger bio d’après les explications reçues de leurs supers amis des réseaux sociaux qui y sévissent (membres de groupes dédiés à la diffusion des idées) sans se ménager. En fait halal est l’opposé de haram, ce qui est défendu aux musulmans mais pour qu'une viande soit déclarée halal, et donc propre à la consommation pour les musulmans, elle doit provenir d'une bête abattue selon une méthode rituelle précise, baptisée la "dhabiha". En nous faisant manger, ou nos enfants à la cantine, halal on nous fait participer à un rituel islamique donc religieux. Un premier pas vers notre conversion? Autre question, pourquoi fallait-il supprimer la nourriture traditionnelle de nos enfants et la remplacer par celle de nouveaux arrivants ? Fallait-il créer un
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mécontentement social déjà exacerbé par une crise économique interminable et un climat social violent et ainsi favoriser la montée de partis d’extrême droite ou de front de gauche ?
Ensuite, au cœur du dispositif de globalisation du salafisme saoudien se trouve la Ligue islamique mondiale, créée le 15 décembre 1962, en pleine « guerre froide arabe ». Alors que l’Égypte et l’Arabie Saoudite s’affrontaient pour imposer leur morale et politique respectives sur l’ensemble du monde musulman.
On ne peut pas dire que les signes n’étaient pas visibles pour les spécialistes bien avant qu’ils ne le soient pour les citoyens qui semblent malgré tout plus avertis que ces derniers. Depuis les librairies islamiques implantées en Europe et où sont diffusés les écrits des théologiens salafistes saoudiens jusqu’aux tenues vestimentaires « ultraorthodoxes », en passant par les chaînes satellitaires islamiques, force est de constater qu’en une vingtaine d’années l’Arabie Saoudite
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est devenue le principal centre de diffusion du salafisme .
Le centre de coordination des activités des associations européennes de la Ligue se situe à Londres. Le Conseil supérieur mondial des mosquées, chargé de coordonner, gérer et financer la construction des lieux de culte, a sa branche européenne à Bruxelles. Elle est présente aujourd’hui dans près de cent- vingt pays et contrôle
environ cinquante lieux de culte, dont de très grandes mosquées. La Ligue possède
d’ailleurs un certain nombre de mosquées
en Europe (Mantes-la-Jolie, Madrid,
Grenade, Kensington, Copenhague, Bruxelles, Genève, Zurich, Rome,
Sarajevo...). L’Europe est l’un de ses
principaux pôles de rayonnement. L’idéologie des Frères musulmans influencent très fort les politiques et les activités menées par la Ligue. Ces derniers, avaient trouvé refuge en Arabie Saoudite après avoir fui la répression en Égypte, en Syrie et en Irak.
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Comme les Frères musulmans, ils pensent que l’islam a un rôle social et politique à jouer. La Ligue milite pour une intégration des musulmans dans le paysage politique et social européen, en appelant notamment les fidèles (pas citoyens) à s’inscrire sur les listes électorales et à voter. La Ligue a aussi entrepris de soutenir financièrement des islamismes concurrents de celui de l’Iran. C’est ainsi qu’elle a financé – sous la bienveillance américaine – les activités des combattants du jihâd en Afghanistan.
La Ligue prétend incarner les intérêts de
l’oumma (la communauté des croyants).
voilà l’Oumna au centre de tout et de la
vision islamique !
Par ailleurs, la Ligue veut apparaître
comme l’interface entre les institutions
politiques des pays européens et les
populations musulmanes.
La Ligue n’a pas été à l’origine de l’exportation du salafisme mais elle a participé à la mondialisation de l’islam saoudien. Et si elle a joué un rôle important dans la diffusion du salafisme en Europe (en Belgique, via la grande
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mosquée de Bruxelles, ou en Suisse, par l’intermédiaire de la Fondation culturelle islamique de Genève et la grande mosquée de Zurich), l’expansion de cette doctrine a été principalement le résultat du prosélytisme d’anciens étudiants européens des universités islamiques saoudiennes, notamment celle de Médine, et des centres de formations au Yémen, ainsi que de réfugiés islamistes, notamment du Front islamique du salut. En Belgique, en France, en Grande- Bretagne ou aux Pays-Bas, c’est grâce à la prédication des premières promotions de diplômés européens – partis en Arabie Saoudite pour se former en sciences religieuses – que le salafisme saoudien a pris pied sur notre continent.
Il serait absurde de ne pas vouloir reconnaître que ces « interfaces » entre la
population musulmane en Europe et les
citoyens ou responsables du pays européen concerné sont à double tranchant. Dans ce cas-ci, ils ont été abusifs puisque d’une part, ils ont servis à mettre les musulmans d’Europe dans la
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plus grande confusion et à les utiliser comme vecteurs de leur politique et intérêts personnels et d’autre part à infiltrer les milieux politiques pour augmenter leur influence dans tous les domaines et desservir les citoyens qui ne sont pas de confession musulmane ou plus tard les musulmans qui se sont enfin réveillés en réalisant que leur aveuglement et conditionnement avaient poussé leurs enfants dans les bras des radicaux qui les embarquaient sur les champs de bataille et qui de plus faisaient d’eux des complices rejetés par les sociétés non musulmanes radicales.
Devons-nous ériger le drapeau de cette prétendue idéologie du racisme? N’est-il
pas évident que quelle que soit l’origine
des individus, leur religion ou n’importe quel autre attribut, seule prédomine
l’influence que l’on veut avoir sur la masse
pour assouvir son but personnel ou étatique. Et si l’utilisation d’une idéologie incongrue fonctionne, pourquoi s’en priver? Ceux qui se laissent abuser ou qui
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profitent de l’autorisation « légale » de cette idéologie sont tout aussi coupables.
Nos hommes politiques ont-ils reçu le message ? Nous craignons que non. S’ils l’ont bien reçu, ont-ils déjà perdu la main ?
Prenons le cas en Belgique du parti socialiste et la manière dont le négationnisme a été géré ainsi que la radicalisation de la religion musulmane au sein de la communauté turque.
Lors du jour de la commémoration du génocide arménien, une minute de silence a été demandée à la Chambre des représentants. Des élus belges d’origine turque, membres du PS (parti socialiste) et d’autres partis dont le CDH, ont tout simplement refusé cet hommage et ont été absents. Logiquement, quelle que soit l’origine d’un élu, celui-ci est Belge et a juré fidélité aux lois et à la constitution belge et la vision, la morale de celle-ci mais aussi de son parti. Le comportement de ces personnes est une atteinte au respect des citoyens belges et ce qui l’est davantage est la gestion du problème par le parti et le président du PS ainsi que des
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autres partis politiques. Aucune sanction
n’a été prise à leur égard et il eut fallu même les démettre de leur fonction immédiatement. Nous avons eu droit à un épouvantable simulacre qui permettait à chacun de choisir « sa minute de silence » soit pour le génocide soit pour autre
« chose ».
Certains analystes, experts osent nous
vendre la version que la Turquie ne peut
reconnaître officiellement le génocide pour des raisons politiques avec ce que cela pourrait impliquer. Soulignons que ces « élus » ne représentent pas la Turquie aux dernières nouvelles, à moins que nous soyons déjà conquis. L'État turc continue d'emprisonner des intellectuels et des historiens turcs qui soutiennent la reconnaissance du génocide arménien. Alors que les citoyens belges et les autres citoyens non musulmans d’ Occident ou d’ailleurs sont implicitement considérés comme ségrégationnistes, et même xénophobes ou islamophobes, leur gouvernement et les différents partis les plongent dans des discours contradictoires et des actes dépassant tout entendement.
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Le gouvernement et diverses organisations
demandent sans cesse plus d’argent aux citoyens d’un pays ou l’autre pour faciliter
l’intégration d’une troisième ou quatrième
génération d’autres citoyens, d’obédience
musulmane, dans notre société par divers
moyens car nous sommes, nous citoyens athées ou d’autres obédiences,
profondément méchants et sectaires avec
ces personnes de religion musulmane. C’est le message qui est passé à tous les citoyens du pays, d’où qu’ils viennent. De l’autre côté, nous avons des « élus » d’origine turque de religion musulmane qui ne respectent pas l’ensemble des citoyens du pays, qui développent un certain clientélisme et qui surtout par le pouvoir qu’ils acquièrent politiquement mettent en place un modèle islamique dans le pays d’accueil.
Quelle autre surprise avons-nous eue après celle de la Chambre des représentants ? La validation par la Belgique de la visite du président turc Erdogan pour qu’il fasse un discours politique devant les milliers de Turcs de la
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diaspora peu de temps avant les élections
en Turquie! Que ces derniers soient Belges, à double nationalité ou Turcs ne
semble concerner ou troubler personne en
Belgique.
De cette permission officielle de laisser
ouvertement un homme d’Etat étranger faire de la propagande ou des discours
politiques ailleurs que chez lui est un pas que nul citoyen ne pensait que ses élus oseraient franchir, d’autant plus que dans le climat actuel c’est plus qu’indélicat, c’est de la provocation. Les médias n’ont rien eu à redire à cet acte provocateur et dangereux.
Le président Erdogan, ex joueur de football semi professionnel, a quand- même perdu son mandat de maire d’Istanbul, à ses débuts politiques, pour incitation à la haine. Déjà dans les années 1970, il adhère et devient président de la section stambouliote du MSP, parti islamiste. Comment peut-on laisser discourir quelqu’un qui n’a d’autre ambition que de renforcer son pouvoir présidentiel en modifiant la constitution, qui a pris les dispositions pour envoyer les
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journalistes en prison, qui fait sauter un à
un les verrous de la laïcité afin d’instaurer
un régime islamiste et personnel, qui fait
taire l’armée rempart traditionnel contre l’islamisme. Lui, qui encore, fait des
ouvertures de façade vis-à-vis des Kurdes
mais qui maintien en réalité la discrimination. Lui contre qui le Vatican
dénonce une « christianaphobie institutionnelle », ou les Orthodoxes qui
attendent toujours la réouverture de la
Faculté de théologie.
On peut imaginer l’impact sur les communautés hors Turquie. Par ailleurs, nous avons aussi au Senat, la première femme voilée, membre du CDH, qui sur les chaînes de télévision turques et en langue turque a traité les Belges d’islamophobes. On ne sera pas surpris d’apprendre que M. Erdogan était à son mariage !
Comment ce peut-il que nos dirigeants commettent cette erreur et comment l’Union européenne peut-elle croire à une entrée de la Turquie à ces conditions ? Comment les autres « partenaires » économiques et politiques peuvent-ils être
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encore en confiance ou travailler avec la Turquie avec tous ces revirement et le type caractériel et implacable d’ Erdogan ? Au moment où j’écris ces lignes, E. Kir et M. Özdemir sont à la une de l’actualité. Des années après de nombreuses demandes citoyennes, les partis et les médias parlent ouvertement de négationnisme. L’opportunité, née du refus des ces derniers avec d’autres « élus » d’origine turque de respecter la minute de silence à la Chambre des représentants en hommage au génocide arménien, a été saisie pour satisfaire un jeu politique mais non une sécurité nationale. Si tel était le cas, le PS et le CDH auraient pris les mesures nécessaires des années auparavant. La presse et les médias se sentent également plus libres de s’épancher sur le sujet. M. Özdémir, maintenant exclue du CDH, fait appel de la décision. Elle le fait de la Turquie et non pas de la Belgique, en sommes-nous surpris. Son grand ami, le président Erdogan, se permet de commenter et de désavouer les décisions du parti concerné en Belgique. Rappelons que la Belgique lui
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a donné le droit de discourir sur son sol,
dès lors pourquoi se priverait-il de tout commentaire en ce qui concerne ses décisions politiques ? Le PS, lui ne préfère prendre aucune sanction concernant ses membres négationnistes et se cache derrière une reconnaissance pas encore
« officielle » de l’Etat belge. La moralité et
la politique d’un parti ne prévalent-elles pas ? Ces détours sans fin cachent le mal qui ronge nos sociétés et l’utilisation des idéologies pour parvenir au but fixé ! Les élections en Turquie ont donné leurs résultats, Erdogan n’a pas la majorité comme il l’espérait mais on devra faire avec lui tout de même. La Turquie ne veut pas le suivre dans sa mégalomanie et sa radicalisation. Par contre les voix qui lui ont été favorables viennent en majorité de la diaspora et donc aussi de Belgique ! Sa venue et son discours à l’étranger ont fait mouche. La Belgique serait-elle solidaire de la politique du président Erdogan et de sa vue de régime totalitaire ? Comment la Belgique compte-t-elle résoudre son problème avec les citoyens qui se prétendent victimes de racisme et de
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ségrégation quand en fait ils continuent à faire allégeance à leur pays d’origine qui
prône un islam radical et qu’ils souhaitent
voir installer dans leur pays d’accueil au
travers de divers « aménagements » qui
modifient la vie des autres citoyens du
pays. Le gouvernement et les diverses organisations qui défendent ces
« aménagements » qui ne concernent que
les musulmans doivent cesser immédiatement. Nous avons reçu une
première leçon, n’est-ce pas suffisant ? Aller plus loin dans cette politique et maintenir les citoyens dans leur rôle injuste de racistes équivaut à une promesse d’ouverture vers le nationalisme que nous vivons actuellement. Tous le craignent et le maudissent mais tous oeuvrent pour qu’il arrive au pouvoir.
La situation dans laquelle se trouve l’Europe par rapport à l’islam radical, à l’impossibilité depuis des décennies de pouvoir gérer et résoudre le problème de l’intégration, surtout de l’envie d’intégration, des personnes de religion musulmane est due principalement à
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l’idéologie du racisme que l’on prône de part et d’autre pour masquer non pas une
demande de respect culturel mais bien un
ancrage islamique dans nos moeurs. Que ce soit du côté des pays d’accueil ou du côté des arrivants, on n’a jamais voulu voir les choses sous un autre angle. Les divers groupes de « défense » n’ont pas été à la hauteur non plus, entortillés dans leur concept d’anti racistes. Or, si à la place d’accuser les citoyens de l’Europe entière, en fait tous les citoyens non musulmans, d’être racistes ou islamophobes, on avait pris la peine d’analyser à qui servait le repli sur soi de la communauté musulmane tant du côté musulman qu’européen, on aurait trouvé non seulement une résolution rapide, même si elle est complexe, mais on aurait sauvé des vies des deux côtés.
Maintenant que nous voyons que l’idéologie du racisme est bel et bien à mettre au placard et que tous les êtres humains sont égaux devant l’égoïsme et l’appât du gain, qu’ils sont prêts à utiliser les plus faibles où qu’ils soient dans le
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monde, voyons ce que les Africains, par exemple, font pour leurs populations.
Nous voyons arriver sur nos côtes des milliers de pauvres humains fuyant leur pays en guerre ou issus de pays laissant dépérir leurs citoyens dans la plus grande pauvreté.
Les passeurs seraient-ils les nouveaux
« négriers » du XXI° siècle et les immigrés
les esclaves pour le travail au noir des entrepreneurs occidentaux ? Car aujourd’hui comme hier, les lois existent mais sont peu suivies et les contrôles donnent peu de résultats.
L’Europe craint ces milliers d’arrivants et l’Union européenne, malgré tous ses beaux principes moraux, est incapable de parler et d’agir à l’unisson quand il s’agit de la politique d’immigration et dans ce cas-ci d’aide humanitaire quand les réfugiés choisissent des moyens spectaculaires et dangereux pour quitter leur patrie . Est-ce une condamnation sans compromission des Européens, certainement pas. Parce qu’avec cette immigration plus visible venant par la mer,
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on juge autant l’attitude des gouvernements que des citoyens et cela est
injuste. Les Européens tout comme les
citoyens devenus Européens depuis
longtemps ont droit comme tout un chacun à une analyse, à de la compréhension et à des circonstances atténuantes. On a beau toujours donner aux citoyens des pays d’accueil (tout en s’y réfugiant) le mauvais rôle et la figure du
« raciste », il faut néanmoins se demander pourquoi les pays africains sont dans l’incapacité ou la non volonté d’aider leurs compatriotes, leurs citoyens ?
Les gouvernements africains sont-ils racistes envers leurs citoyens ? Serait-il incongru de poser la question de cette façon. Or, s’il s’agissait d’un gouvernement composé de personnes
« blanches », personne n’y verrait d’inconvénient, au contraire. Comme quoi, il est aisé d’utiliser cette idéologie pour masquer d’autres facteurs bien réels et de ce fait les anéantir.
Aussi, l’aide de l’Union européenne est- elle souvent liée à un ensemble de conditions visant à réformer les
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économies africaines. Par exemple, l’intégration des pays africains à l’économie mondiale a été définie comme une des grandes orientations de l’aide européenne. En ce qui concerne l’Afrique, la signature des accords APE (Accord de partenariat économique) est censée aider cette intégration. En plus des conditions
« économiques », existent aussi des conditions (en échange de prêts)
« politiques ». Depuis les années 1990, l’Europe aide les pays d’Afrique à condition que ceux-ci s’engagent sur la voie de la démocratie et de la bonne gestion de leurs finances et qu’ils collaborent en matière de lutte contre le terrorisme et l’immigration non contrôlée. En l’absence de progrès en ce domaine, l’Europe se réserve donc théoriquement le droit de ne plus les financer. En Afrique, ces conditions sont mal perçues et considérées comme une imposition de type néocolonial. Mais par qui ? Par les dirigeants, pas les citoyens de prime abord, sauf qu’ils ont été conditionnés dans cette idée et qu’ils tiennent toujours pour responsables de leur misère les
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anciens colonialistes. L’Afrique est riche en matières premières agricoles ou
minières. L’exploitation des richesses est
faite par des sociétés étrangères qui profitent de la main-d’œuvre qu’ils rétribuent très peu et la pression de la fiscalité des Etats est basse. On note déjà ici que les gouvernements des pays africains concernés ne mettent en place aucun système de protection pour leurs travailleurs. Qui doit-on blâmer dès lors? De plus, les richesses ne sont pas transformées sur place et donc ne fournissent pas d’emploi pour les populations locales et à fortiori aucun revenu. Là aussi, il y a matière à discussion.
Et pour finir et ce n’est pas des moindres, l’argent versé par les sociétés étrangères reste dans les mains des dirigeants pour leur usage personnel ou leur clientèle électorale mais il n’est certainement pas utilisé pour le développement du pays et le bien-être des citoyens comme cela devrait être le cas.
Si les gouvernements des pays africains et l’ACP (Groupe des Etats d'Afrique, des
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Caraïbes et du Pacifique) s’occupaient sérieusement et correctement d’une partie des problèmes, il est certain que la qualité de vie de leurs citoyens se verrait amélioré et les relations avec le reste du monde plus aisées. Depuis des décennies, des milliards sont versés pour l’humanitaire et le développement. Au vu de la manière dont l’argent est utilisé et des politiques menées dans ces pays, on peut dire que c’est à fond perdu. Doit-on parler de « racisme » ou « d’ingérence » en demandant à chacun de prendre ses responsabilités ? N’y a-t-il pas un raccourci quelque peu déformé ?
Il semble évident que des gouvernements qui n’ont aucun respect pour leurs citoyens, ne peuvent s’émouvoir du génocide d’êtres humains en Amérique du sud pour revenir au thème du génocide en direct amazonien. D’autant moins que l’on sait que les guerres ethniques, fratricides tournant au génocide sont connues chez eux et qu’il n’y aucune pitié pour les enfants soldats.
De son côté, la Chine ne pose aucune condition à son aide ni au niveau politique
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ou d’orientations économiques aux pays
africains. Elle ne veut rien savoir de la corruption ni si la démocratie est
appliquée ou en voie de l’être. Elle serait
mal placée à ce titre. Ce qui l’amène à
investir dans des pays où corruption et violations des droits de l’homme
atteignent des proportions endémiques,
comme au Zimbabwe et au Soudan. On
notera que 15% des investissements chinois sont en Afrique. Il y a eu notemment en Zambie un soulèvement
« anti Chinois », ce qui a incité la Chine à annuler des dettes et à offrir des infrastructures humanitaires tels des hôpitaux. Tout s’achète à nouveau. Hypocritement, nous faisons la morale à la Chine soulignant qu’elle sape la pression exercée par la communauté internationale sur ces pays mais comme toujours, il y a un double discours quand on connait les relations très complices entretenues par les Européens avec de nombreux régimes autoritaires ou douteux (Togo, Burkina Faso, Nigéria, etc.) et avec la Chine, elle- même, au point de refuser la visite du Dalaï Lama sur certains sols de l’Unions
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européenne pour ne pas remettre en cause
les traités commerciaux avec cette dernière.
On ne peut que relever, encore et encore,
que l’idéologie du racisme est brandie au
moment le plus adéquat pour les parties qui s’en servent. Toutes font preuve du
même égoïsme, de la même indifférence
envers les autres, fussent-ils leurs compatriotes, quand leurs intérêts personnels sont en jeu. L’idéologie du racisme est bien une arme politique maniée avec habileté et dangerosité. Elle est basée sur du vent qui s’engouffre dans les esprits et favorise les conflits les plus ignobles. Nommer les problèmes, donner un nom aux causes d’un rejet, d’une peur serait bien plus intelligent et vrai. Cela permettrait de trouver les solutions appropriées et tendrait vers un apaisement sans heurter les personnes au plus profond d’elles-mêmes mais cela mettrait aussi une pierre dans la machine bien huilée des politiques menées.
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Comme tout est raison de pouvoir et que le pouvoir a du mal à être partagé, les
divers protagonistes avides de gloire et de puissance se livrent une guerre
impitoyable utilisant chacun à sa façon les
populations, surtout les plus démunies et
les plus faibles, que ce soit au niveau matériel ou au niveau moral. C’est dans cette optique qu’un autre acteur fait son entrée sur la scène. Il a d’autres méthodes mais a-t-il d’autres motifs ? Il s’agit bien évidemment de la religion. De l’Eglise catholique et ses diverses ramifications, des sectes et autres groupuscules. Quant à l’Islam indissociable de la vie politique et citoyenne, nous avons déjà eu un aperçu de son influence et d’une de ses dérives radicales.
On restera sur le continent africain étant donné le flux important d’immigrés issus actuellement de cette partie du monde, qui occupe beaucoup les médias, le monde politique et les citoyens européens mais aussi et surtout les diverses organisations d’aide humanitaire et de défense des droits de l’Homme qui toujours poussés par de bons sentiments ne font pas la part de
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choses, ne regardent pas les effets à long
terme ni sur la société européenne ni sur les immigrés. La culpabilité de l’époque
colonialiste des pays d’accueil et le refrain
usé, accusant les citoyens européens de
tous leurs maux, des pays maintenant indépendants, dont sont issus les nouveaux arrivants nous mènent à des situations chaotiques dont nous vivons les dérives avec les musulmans radicaux mais qui ne servent pas de leçons apparemment.
C’est ainsi qu’aux yeux de certains intellectuels africains et occidentaux, l’apparition du christianisme en Afrique sub-saharienne, au début du XIX° siècle, a complètement fait disparaître les structures traditionnelles et la culture ainsi que la perception que l’homme africain avait de ses racines et de son histoire. A cause de la disparition de la tradition orale, les Africains sont devenus une cible idéale pour les sectes religieuses de toute origine. Voici une nouvelle accusation. Si on veut l’accepter dans une certaine proportion, on verra que le processus est bien plus
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complexe et que sans aide de l’intérieur »
rien n’est possible. Comme pour l’esclavage, il faut un terrain non
seulement propice mais surtout des
facilités. De nos jours et depuis l’indépendance, ce sont bien les gouvernements africains qui facilitent l’établissement des nouvelles religions et sectes pour leurs intérêts personnels.
La christianisation de l’Afrique subsaharienne est un phénomène multipolaire où le catholicisme a joué un rôle moteur entre le XV° et le XVIII° siècle. Puis vinrent les Protestants dans le contexte de la colonisation occidentale. Des structures autochtones ecclésiales furent mises en place mais encadrée par l’Eglise-mère. Cette époque est révolue. Les Eglises se sont diversifiées et africanisées avec en compétition l’islam et l’animisme. Tout ceci entraîne un processus de changement social, culturel et politique qui perturbe l’Afrique d’aujourd’hui mais aussi les réseaux diasporiques implantés en Europe. Les nouveaux prédicateurs perturbent le
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climat politique entre leurs prophéties, la
mobilisation sociale et les dérives sectaires.
L’Afrique subsaharienne francophone n’est plus sous « mission » chrétienne mais
c’est elle qui alimente l’Europe en prêtres,
pasteurs, prophètes, fidèles et chantres en
tout genre. Une conséquence dont on ne
tient pas assez compte est le lien entre la diaspora africaine, les prophètes et
pasteurs envoyés en Europe et la double nationalité/citoyenneté octroyées aux
ressortissants Africains, ce qui leur permet le vote à distance et donc d’influer sur la politique de leur pays selon les prophéties toutes politiques de leur pasteur !
Nous avons le même phénomène avec les citoyens musulmans, inclus des élus négationnistes Turcs. A qui font-ils allégeance ?
L’Afrique de l’Ouest et Centrale sont un marché très rentable pour diverses sectes et l’ églises évangéliques à l’américaine ainsi que pour des groupes sectaires se cachant derrière le sigle de l’aide humanitaire et des institutions caritatives. Des prédicateurs évangélistes, des
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prophètes illuminés, des adeptes de la scientologie, de la secte Moon, les guides
du mouvement raëlien prospèrent dans les
quartiers pauvres des grandes villes pour concurrencer l’église catholique ainsi que l’islam qui gagne de plus en plus d’adeptes, le tout pour une part de marché spirituelle et financière.
On entend des journalistes, des écrivains
africains encore dire que la décolonisation a laissé en jachère un terrain fertile au développement de toutes les idéologies, de toutes les religions. Ce discours devient difficile à entendre. Avec tout ce qui a été décrit plus avant dans ce livre, on a vu que l’égoïsme et les intérêts personnels ont primés pour tous, partout dans le monde et que personne n’a échappé au rouleau compresseur. Seuls les plus démunis font les frais des agissements cupides et barbares d’une minorité qu’ils soient étrangers ou leurs frères. Entendre ce discours sans nuance de la part d’intellectuels est triste et dommageable pour tous et n’est guère constructif. D’autant plus que ce discours est appliqué
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tant pour les évènements ayant lieu dans leur pays que pour les ressortissants de leur pays en terre étrangère. Cela n’a donc aucun sens. On retrouve le discours de la victimisation sans le courage de prendre une partie de ses propres responsabilités et le courage d’avancer.
Car sectes et guerres font souvent bon ménage. Nous le constatons tous les jours
au travers des informations que l’on nous
transmet de par le monde. En Afrique, le cas Laurent N’Kunda en est un exemple. Il fut soutenu en partie par le régime rwandais du président Kagamé. Cet ancien homme d’affaire qui rêvait de devenir pasteur proposait souvent des prêches enflammés à ses hommes où il mélangeait politique et ferveur religieuse typique aux évangélistes. Il fut incarcéré au Rwanda comme chef d’une rébellion. Qu’est-ce que les ex-colons ont à voir dans cette histoire ? Guerre et massacres sont bien du chef d’Africains, on ne les a pas forcés à assassiner leurs frères.
Prenons encore Joseph Kitbetwere du
« mouvement pour la restauration des dix
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commandements ». Il a sur la conscience
la mort d’au moins 924 « adeptes » de sa
secte. En effet, les autorités avaient d’abord cru à un suicide collectif mais la vérité est plus sombre. Joseph Kibetwere est un seigneur de guerre qui faisait partie des milices interahamwe envoyées en Ouganda pour identifier et tuer des Tutsis rwandais. Cette secte religieuse n’était qu’un paravent pour camoufler des activités de milices extrémistes génocidaires.
La situation la plus grave est sans doute celle entre islam et christianisme. Les affrontements interreligieux et donc aussi politiques s’accompagnent de massacres et d’expéditions punitives, de conversions forcées.
Que font les autorités publiques ?
S’il semble que les gouvernements africains n’ont pas les ressources institutionnelles pour faire face au phénomène sectaire, on peut se demander ce qu’ils attendent pour y remédier ? On peut se poser la question si certains états par opportunisme politique ou financier
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ne fermeraient pas les yeux de temps en temps.
Il semblerait qu’au Rwanda, une certaine complicité existerait entre le Gouvernement et les sectes évangéliques vu que celles-ci jouent sur les concepts de la peur et de l’espoir. Excellents ferments psychologiques d’intimidation et d’asservissement qui servent le gouvernement. Il n’y a donc pas lieu de parler de « racisme ».
On peut mettre en parallèle le fonctionnement des sectes et celui de l’extrême droite chez nous ainsi que la responsabilité des gouvernements. Une façon de plus de prouver que l’idéologie du racisme n’est qu’un simple outil utilisé par divers partis au moment le plus opportun.
Pourquoi les sectes et les partis radicaux ont-ils tant de succès, ont-ils la capacité en peu de temps de faire de nombreux adeptes et de changer le visage d’une société ? Parce que contrairement aux partis dits démocratiques et autres organisations, ils tiennent un discours très
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simple, compréhensible par tous, proche
des préoccupations mais surtout qui répond aux fantasmes et attente d’un peuple qui souffre. Le message des sectes et des radicaux est parfait de pragmatisme puisqu’il se base aussi sur le critère de l’asservissement par l’argent. Les mobiles de ces sectes, surtout les évangéliques, calqués sur les modèles financiers des évangélistes américains, sont de soutirer de l’argent aux citoyens qui s’appauvrissent encore davantage. Ces populations sont donc en quête de miracles et de figures rédemptrices. Ces sectes comme tous les mouvements radicaux jouent beaucoup sur les réponses faciles et immédiates aux besoins exprimés comme trouver du travail, la santé et ainsi de suite.
Il y a aussi la dangerosité du phénomène non seulement au niveau de la paupérisation de la population mais aussi de la violence. Cette violence n’est pas seulement développée par les chefs de guerre pour des génocides interreligieux ou tribaux mais aussi au sein des familles. Sous pression de pasteurs, prêcheurs
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déments, des abus rituels sont perpétrés
sur des enfants supposés être possédés par
le démon, des parents veulent se débarrasser de leurs enfants tenus responsables de leurs malheurs ou maladies, les accusent de sorcellerie et les confient à des prédicateurs qui se présentent comme exorcistes. Ces enfants sont battus, torturés, affamés et parfois tués. Souvent, ce sont les pasteurs eux- mêmes qui par cupidité désignent les enfants dont ils savent que les parents pourront payer un montant important pour être « débarrassés du problème ». Il apparaitrait que ces pratiques se soient étendues dans les communautés africaines d’Europe.
Ainsi, faute de réponses adéquates et offensives des gouvernements africains, parfois complices dans l’expansion des sectes, les citoyens vivent un vrai cauchemar tant au niveau de la pauvreté qu’au niveau de la violence et pourtant on leur offre beaucoup de Dieux à prier. Il ne s’agit plus de dire que les « Blancs », les
« Jaunes ou les « Noirs » sont meilleurs ou
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plus mauvais, ils pratiquent tous la même politique. A nouveau, les citoyens, tous
confondus, sont embrigadés et victimes de
l’exaction d’une minorité. Une minorité
avec un pouvoir de persuasion colossale
puisque même dans nos pays dits démocratiques et moraux, les partis extrémistes et radicaux ont la capacité de convaincre les citoyens déçus et apeurés. Et chez nous aussi, les gouvernements sont dans l’incapacité ou le non vouloir de renverser les tendances en parlant vrai et clair à leurs citoyens et en barrant la route aux religions radicales et partis radicaux. Non, on préfère se laisser abuser par le jeu de l’idéologie du racisme et se laisser fracturer et affaiblir notre société comme le souhaite les extrémistes.
Il existe une multitude d’exemples qui pourraient mettre à mal l’idéologie du racisme tel quel l’un des plus importants et des plus parlants, celui de la femme.
En effet, dans chaque cas énoncé que ce soit en Afrique, en Europe, aux Etats- Unis lorsqu’on parle de racisme et de non- droits, on a vu qu’on pouvait déjà ajouter
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à la liste des discriminés les pauvres mais on doit aussi ajouter les femmes. Le
« racisme » est bel et bien inepte. Il s’agit,
n’en déplaise à ceux qui veulent se servir
d’une autre version, que de domination avec ses différents affluents.
Il faut et c’est regrettable regarder du côté de la domination, de l’assujettissement et du pouvoir. Que ce soit sous les formes les plus primitives ou les plus sophistiquées. Lorsque nous avons parcouru quelques exemples de domination et de ségrégation, nous avons rapidement constaté que l’idéologie du racisme a été utilisée pour masquer ou pour favoriser des exploitations humaines, économiques ou pour satisfaire des intérêts personnels et politiques.
On a aussi pu mettre en évidence que dans le cadre de la pauvreté, l’idéologie du racisme n’était pas viable puisqu’elle touchait les humains de toutes les origines. La différence, où l’idéologie du racisme est utilisée dangereusement, est quand cela se passe sur son sol par des étrangers, ou quand on se sent comme un étranger chez soi ou encore quand on invoque le refus
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des autochtones de nous intégrer dans leur société sans aucune remise en question.
En niant le facteur social général, les « anti
raciaux » contribuent à la viabilité de l’idéologie du racisme. Un autre constat est que les difficultés, la ségrégation, les non droits vécus par les peuples victimes de « racisme » ont été vécus de tous temps, et aujourd’hui encore, sur tous les continents. Tant dans les sociétés des dits bourreaux que dans celles des dites victimes. Mettons donc les perspectives à leur juste place et soyons corrects dans notre raisonnement, cela nous permettrait peut-être d’être cohérents dans nos actes.
Aux Etats-Unis, en 1866 (amendements de 1868 et 1870), la constitution garantissait, enfin, la citoyenneté aux Afro- américains, le droit de vote pour les hommes sains et sans distinction raciale. On saluera en passant dans la législation sudiste que le suffrage privé de droit fut étendu aux « Blancs » pauvres.
Mais rien ne fut mentionné en ce qui concerne les femmes « Blanches ou pas
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Blanches », pauvres ou riches. Il faudra attendre 1920 pour que les Etats ratifient
le XIX° amendement donnant le droit de vote aux femmes.
Les Etats-Unis sont-ils « racistes » vis-à-vis
des femmes ? Si on applique l’idéologie du
racisme concernant les Afro-américains et
le retard dans leurs droits en tant que citoyens et comme raison pour justifier la
ségrégation et la violence dont ils ont été
victimes aux Etats-Unis, alors on doit
aussi l’appliquer aux femmes. Il est dès lors évident que cet argument n’est pas correct et que cette idéologie inepte divise les victimes d’un système injuste et masque les réalités d’une société.
Partout où la discrimination, la ségrégation, l’asservissement ont été observés, les pauvres et les femmes ont subis le même sort. Preuve à nouveau qu’il est inadéquat d’utiliser l’absurde idéologie du racisme.
Quelques dates pour nous rafraîchir la mémoire. Droit de vote « accordé » aux femmes : au Quebec en 1940, Japon 1946, Algérie 1962, Maroc, 1963, Congo 1967. Les pays musulmans sont à la traîne
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évidemment à quelques exceptions près.
Mais ne leur jetons pas la pierre et regardons ceci qui est très surprenant et
catastrophique : France 1944, Suisse 1971, Portugal 1975 (pour toutes).
Bien que les femmes puissent voter depuis
1930 en Turquie, leur condition à bien
changé depuis. L’âge de pierre arrive à grand pas et nous pouvons craindre le pire. Avec un président radical qui affirme que la femme n’est pas l’égale de l’homme suivant le Coran et que les deux sexes ne peuvent être traités de la même façon car c’est contre la nature humaine ou encore que le seul métier de la femme est la procréation, oui on peut s’effrayer de l’avenir de ces femmes.
Faut-il rappeler que la première cause de décès pour une femme, partout dans le monde, est la violence domestique. 70% des femmes en sont victimes avant le cancer, le sida, des complications de grossesse, un accident de la route. C’est devenu un problème de santé publique et un scandale planétaire. On est cependant très loin d’une résolution y compris dans nos pays dits civilisés et modernes.
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Au XIX ° siècle, on retirait l’utérus des
femmes en Europe pour qu’elles soient
moins « hystériques ».
Que dire des diverses tortures telle l’excision ? En France à la fin du XIX° siècle, certains médecins préconisaient l’excision par cautérisation au fer rouge pour lutter contre l’onanisme. Aujourd’hui, en France, vivent plus de cinquante milles femmes mutilées issues des communautés pratiquant cette barbaries. Une des solutions du gouvernement pour enrayer le mal est de redonner une nouvelle activité aux anciennes exciseuses !
Les femmes et les hommes politiques ainsi que les citoyens, sont-ils racistes vis-à-vis des femmes que l’on mutile, que l’on maltraite ?
Les femmes sont-elles restées des esclaves sur lesquelles on a toute emprise ?
96% des femmes en Guinée, 90% des femmes en Egypte en 2008 en âge d’avoir des enfants, malgré une interdiction gouvernementale de 1997, subissent l’excision.
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L’Afrique subsaharienne et quelques
régions du Proche-Orient sont également
touchées par ces actes d’une cruauté auxquels participent des femmes !
Si les couleurs de peau étaient différentes entre les excisées et les exciseuses, on parlerait certainement de racisme et de crime et le sujet serait médiatisé, politisé et utilisé par diverses organisations plus fréquemment et pas sporadiquement comme c’est le cas.
Nous passerons sur la totale passivité des états africains qui préfèrent accuser les Occidentaux de tous les maux. Nous trouvons même quelques déments occidentaux, africains et musulmans pour défendre l’excision au nom de la liberté de culte et prétendre qu’interférer dans ce domaine est une autre forme de colonialisme.
Nous pouvons toujours leur proposer la castration ou le repassage des seins si cela leur tient tant à cœur.
Le but n’est pas ici de décrire la condition de la femme, dans le monde et dans le temps, qui demanderait des volumes
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entiers et une âme solide. Il fallait malgré
tout mettre en évidence que la femme a
toujours fait partie des ségrégations et
qu’elle en fait toujours partie. Faut-il parler de racisme ?
On ne peut l’invoquer pour une catégorie
de citoyens victimes d’exclusion ou minorisés dans leurs droits et non pour
d’autres. Ceci prouve qu’il n’y a qu’une
seule race humaine composée de dominants et de dominés. Il faut avant tout évoluer, se civiliser de par nos actes et pas en mots seulement. Il ne faut pas se laisser prendre au jeu de la malveillance et de la victimisation.
La majorité d’entre nous est en esclavage hier comme aujourd’hui. L’esclavage moderne existe. Un monde s’en va pour passer à un autre. Dans notre nouvel univers, nous avons embarqué la loi du plus fort. L’esclavage, la ségrégation, les génocides pour des motifs d’expansion, politiques, économiques y sont omniprésents. Nous préférons cependant débattre de « racisme », d’inégalité des chances, de chômage, d’éducation et de
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bien d’autres sujets. Ce dont nous parlons
n’est que la conséquence et aussi des
différents moyens mis en œuvre pour appliquer ces diverses politiques.
Où en sommes-nous avec notre conscience et notre éternel paradoxe lorsque nous exploitons les enfants indiens pour nos tenues vestimentaires mais que nous « pleurons » les naufrages d’immigrés qui cherchent refuge sur nos côtes ? Où nous situons-nous quand nous invectivons nos dirigeants pour leur fermeté dans ce que les médias nomment « l ‘Europe murée » mais que dans un même temps les syndicats bloquent tout un pays et son économie pour manifester contre « l’invasion » de la main-d’œuvre étrangère concurrentielle ? Ce ne sont que quelques exemples de nos paradoxes d’une longue liste qui fait de notre société un ensemble d’individus combattant pour ses ressources, son territoire comme il en a été de tous temps.
Dans ce monde où les victimes-bourreaux se disputent des parts de marché au prix
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de la vie des plus faibles, où les partis politiques affichent des couleurs qui n’offrent plus aucune perspective aux citoyens, où les citoyens ne réagissent plus, restent figés dans un système pour lequel ils ont été conditionnés par des discours et des images magistralement élaborés, on regarde les horreurs défiler en accusant les autres et en se distançant de tout ce qui peut gêner notre conscience.
Cette gauche rouge dite socialiste est sans doute la plus mesquine. La gauche est la seule force politique qui ne s’assume pas et qui abuse les citoyens en les entraînant dans une pauvreté et une dépendance éternelle, un esclavage à perpétuité sans l’avouer. Les autres formes de pouvoir ne sont pas plus tendres voire plus cruelles mais les jeux sont nets. On sait quand on s’adresse à des capitalistes, à des dictateurs, à des radicaux, à des communistes, à des « sans projets » bref à toute la possible panoplie.
Les socialistes ne vivent que du passé et par le passé. Au XXI° siècle, ils sont devenus égocentriques et putschistes. Les
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dirigeants adoptent le côté festif des élites
du libéralisme et font participer le peuple.
Ils lui disent de cette façon qu’il peut, lui aussi, participer à la fête, que tout le
monde est invité mais c’est un leurre et le
peuple est asservi, mis en esclavage sous les diverses aides de l’Etat. Parce que les socialistes nient ouvertement, en alliance avec les syndicats, la loi des marchés et des marchands mais s’y engouffrent dans sa politique globale faisant par leur double discours l’ouverture à l’extrême droite.
Le socialisme ne s’arrête pas en si bon chemin, il a trouvé une nouvelle expression, il doit permettre de mieux consommer, de mieux jouir dans un optimum utilitaire de son pays. Il devient l’expression sociale-démocrate du libéralisme le plus pur du capitalisme le plus international et absolu. Il faut donc absolument garder le peuple dans un état de dépendance et le rendre inoffensif. Il faut dès lors séparer le peuple de ses modèles naturels en les critiquant ou en les ridiculisant puis il faudra favoriser l’art vulgaire et le spectacle trivial. On organisera des fêtes, des cérémonies où
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l’on contrôlera l’émotion citoyenne comme des fêtes humanitaires, les défilés
des minorités tel le mouvement Gay, on
mettra en évidence le spectacle mais non
le message où les revendications seront minimisées.
L’esclavage des sociétés modernes concerne tout le monde. Il ne s’agit pas de
« racisme ». Tous les citoyens en sont
victimes.
L’esclavage des sociétés modernes et
« démocratiques » permet à l’Homme de se moquer de ses dirigeants, d’écrire tout et n’importe quoi, de s’épancher sur les réseaux dits sociaux, de faire ses achats dans des hypermarchés bien fournis ou sur internet ce qui lui donnera de quoi faire quand il sera au chômage car son usine a été délocalisée pour faire plus de profit étant donné que son pays et les autres pays de l’Union européenne se font la concurrence fiscale au lieu d’être solidaires.
Les socialistes sont des libéraux. Tous sont des capitalistes.
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Dans un tel monde matérialiste où aucun
parti, aucun mouvement ne change le système, l’Homme soumis à différents niveaux de dépendance, de ségrégation de violence, de guerre où qu’il soit dans le monde, se tourne vers les drogues, les sectes, les mouvements radicaux, les Dieux qu’on lui a enlevé, l’espoir qui a disparu.
En Europe, après d’autres régions du monde, la lutte des classes se concentre autour de la dette. La relation créancier- débiteur intensifie les mécanismes de l’exploitation et de la domination de manière perpendiculaire puisqu’elle ne fait aucune différence entre les travailleurs, les chômeurs, les consommateurs et les producteurs.
A travers la dette publique, la société entière est endettée, mais malgré tout, les inégalités existent et sont même aggravées. Dans les « démocraties », une minorité
« propriétaire » du capital décide pour tous. Le système de crédit est aussi le meilleur outil moderne d’exploitation de l’Homme. Il permet en effet à certains en
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fabricant de la monnaie à s’approprier le
travail et les biens des autres. Il s’agit ici aussi de pouvoir. On peut d’ailleurs
remercier le conseiller économique de la
première équipe Obama, Volker, qui en
1979, alors qu’il était président de la Réserve Fédérale, a rendu possible la constitution d’énormes déficits publics et l’ouverture à l’économie de la dette ainsi que le début d’un changement de rapport de force entre les créanciers et les débiteurs.
Les taux d’intérêts pour payer la dette ont plus que doublé et cela a créé une dette publique et une dette extérieure. La dette sociale (Etat-providence) ne peut être solutionnée par les mécanismes monétaires (Banque centrale), on développe dès lors Etat par Etat, petit à petit des marchés financiers. En France, l’essentiel s’est fait sous les gouvernements socialistes. Aujourd’hui tout cela se paye avec la crise et la réduction de la dette est une obligation à laquelle sont liées les mesures prises à l’égard des citoyens. La dette, la relation créancier-débiteur, a une influence non seulement sur les rapports
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sociaux mais elle est aussi un rapport de
pouvoir tout particulier sur les modalités
de production et sur le contrôle de la subjectivité. Il y a la morale classique du travail « effort-récompense » à laquelle s’ajoute la morale de la « promesse » celle de payer sa dette et de la « faute » celle de l’avoir contractée.
Comment les médias, les citoyens et certains gouvernements ont-ils, par exemple, commenté ou présenté la dette de la Grèce ? Pas comme celle d’un pays victime d’un système auquel tous ont pris part mais comme d’un ensemble de citoyens peu scrupuleux qui ne payent pas leurs impôts, qui profitent d’avantages, qui paressent au soleil quand les Allemands rénovent tout de fond en comble, d’un gouvernement passif et corrompu qui a menti dès son entrée dans l’Union européenne et qui a été assez malin pour duper tous les autres Etats membres ! Tous coupables !
C’est face à la misère et à un peuple à genoux que les discours ont parfois changés et encore. Quant en ce qui
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concerne la vision de l’aide que l’on veut
accorder à la Grèce ou à l’Espagne en son
temps, rien n’y fait. Obama se permet même des commentaires qu’en tant que
« démocrate-néolibéral » il ferait bien de garder pour sa patrie qu’il n’a pas hésité à saigner à blanc. Le prix Nobel, n’aurait pas du lui être décerné.
Nous naissons et nous mourrons endettés.
Nous sommes esclaves d’une dette publique même si nous sommes trop pauvres pour « bénéficier » de dettes personnelles. Les anciens esclaves pouvaient s’affranchir, pas nous. Nous ne sommes plus dans le modèle simple de l’échange. Comme la Grèce le représente bien, nous ne sommes pas seulement dans le modèle du particulier endetté mais du citoyen endetté. On parle autant de la Grèce que de tous les Grecs et c’est vrai pour tous les Etats. C’est une dette publique dont tout le monde doit se charger. Quelle différence avec l’Antiquité où l’on se vendait ou vendait sa famille pour s’acquitter de ses dettes ? Dans l’Antiquité, les dettes étant personnelles, la
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durée de l’esclavage était variable et ne frappait que l’individu concerné ou sa famille au plus. A notre époque, la dette publique nous lie à vie et s’étend sur la vie de nos enfants pas encore nés. Notre société moderne nous apprend dès notre plus jeune âge la promesse d’honorer notre dette au travers des messages basés sur la « confiance » distillés, surtout lors de crises financières, par les politiques, les journalistes, les économistes, les experts. Nous avons été éduqués dans la promesse d’honorer les dettes quelles qu’elles soient. Celui qui ne peut rembourser est coupable de mensonge et de trahison.
Dans l’Union européenne nous crions au scandale face à l’austérité qui nous est imposé mais qui vraiment et objectivement défend la misère des
Grecs ? Qui s’est révolté lors des expropriations des Espagnols ? Qui a entendu parler de ce qui se passait au Portugal ? Pour la crise financière sont accusés les spéculateurs, l’un de nos boucs émissaires favoris. S’il est vrai que nous avons toujours besoin de boucs émissaires, les spéculateurs agissent selon
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la morale qu’ils ont acquise dès leur plus tendre enfance, c’est-à-dire, le pari sur l’avenir. Le manque de scrupules étant leur touche personnelle mais sont-ils les seuls ? A titre individuel, nous agissons de même en souscrivant un crédit. Nous aussi, nous faisons un pari sur l’avenir. Nous faisons une promesse que nous ne pourrons peut- être pas tenir.
La dette est devenue une arme politique
visant à prévoir et régir les comportements citoyens. Elle est aussi une arme utilisée pour régir les Etats par un nombre limité d’organismes qui détient le capital. Elle est d’une toute autre nature que celle du temps de travail qui, elle, adjoint toute possibilité de choix et de décision que possède l’avenir.
L’origine n’est pas économique. Les mesures, les évaluations, les estimations sont toujours avant tout politiques bien avant d’être économiques. Celui qui détient le pouvoir de la monnaie, du capital, des dettes est le maître.
D’ailleurs on remarque bien que si l’argent n’est pas soutenu par un flux de pouvoir,
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il s’effondre et les fonctions économiques,
les moyens de paiements de la monnaie s’effondrent aussi.
C’est pourquoi la lutte des classes est une
erreur car la puissance de la monnaie comme base de financement ne vient pas
d’un pouvoir d’achat plus grand et la force
d’un capitaliste ne vient pas du fait qu’il soit plus riche qu’un ouvrier. On le
constate dans la non résolution de la crise
dans cette voie.
Elle vient de sa possibilité de déterminer la direction de flux de financement donc de disposer du temps comme décision, comme possibilité d’exploitation, de commander, de diriger.
La monnaie en tant que pouvoir d’achat fixe les flux travail à la consommation, à la famille, à l’emploi et à toutes les assignations de la division sociale du travail. C’est ainsi que les revendications salariales par les syndicats sont une reconnaissance de ces asservissements et ces relations de pouvoir.
On nous parle toujours de libéralisme mais c’est inexact. Parce que le libéralisme
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est d’abord et toujours la liberté de la propriété privée et des propriétaires.
Nous sommes définitivement dans une politique et une économie néolibérale. La dette ne connaît ni les frontières entre Etats, ni le social, ni les différences entre les diverses économies et politiques. Elle est planétaire et tous nous en sommes esclaves. Même Foucault s’est perdu un moment donné en oubliant les fonctions de la finance de la dette et de la monnaie. La crise des subprimes démontre le rouage où l’économie « réelle », la finance et l’Etat sont les clous d’un même rouage et d’un dispositif politique, celui de la dette.
On pourrait aller plus loin en détaillant une autre modélisation, celle de la subjectivité au travers des divers mécanismes mis en place pour les travailleurs ou les chômeurs. Parler du pouvoir souverain et de l’Etat-providence et de la transformation des droits sociaux en dettes sociales qui tendent à devenir des dettes privées ou encore les assurances privées qui se substituent aux assurances
« collectives » à cause de la sape de l’Etat- providence dans le budget des dépenses
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sociales et l’augmentation des impôts. Nous pourrions nous pencher sur les créanciers qui achètent les titres de la dette des Etats et du citoyen devenu débiteur non pas seulement d’une monnaie mais d’un style de vie. Comment l’Etat- providence a sauvé les banques avec l’argent de ses citoyens en nationalisant leurs pertes. Comment en injectant un flux de monnaie dans la société, il s’agit en fait d’un flux de pouvoir pour renforcer l’équilibre de force entre créanciers et débiteurs. Mais cela nous écarterait du sujet.
La crise des subprimes n’est pas seulement une crise financière, c’est aussi un échec de la politique de la propriété individuelle. C’est très symbolique car elle touche notre « chez soi », la maison.
Tous les gouvernements, quelle que soit la couleur politique qu’ils s’amusent à brandir, ont une politique néolibérale. Ils peuvent dire ce qu’ils veulent, ils ne peuvent faire autrement sinon sortir du système. Vu que personne ne semble avoir une autre idée ou une volonté que le
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néolibéralisme, on assiste bien par la demande générale de la réduction de la
dette publique à la réductions des salaires,
la réduction des dépenses sociales, l’augmentation des privatisation à un
programme qui affaiblit l’Etat et provoque
la lutte des classes. C’est pourquoi l’entêtement des dirigeants et des intellectuels de la gauche syndicale et politique est néfaste. Le combat n’est pas celui de l’Etat-nation ni celui des divisions entre emplois et chômage, entre actifs et non-actifs, précaires et non-précaires, base de toute la philosophie de la gauche. D’ailleurs on voit bien que cela ne fonctionne pas et qu’au contraire, la gauche anticipe sur les miracles plus que sur ses performances.
Comme dit et répété, il faut s’arrêter, réfléchir et innover. A tout le moins tenter un moyen neuf qui ait un effet de blocage. Il faut sortir de la morale de la dette, de cette dette virtuelle et non pas de la monnaie dans laquelle l’Homme moderne, le citoyen est devenu un esclave malléable et soumis sans affranchissement possible. Car la régulation est impossible, elle
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signifierait tout simplement la fin du néolibéralisme et qui est prêt à quitter le
navire néolibéral surtout sans programme de rechange ?
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Conclusion
Nous avons fait un petit voyage dans le temps et dans différentes régions du
monde de manière brève mais claire, j’ose
espérer, pour démontrer notre point de vue quant à l’idéologie du racisme.
Cette idéologie au travers de laquelle les différents pouvoirs sont à l’œuvre dans l’unique but de contrôle et de soumission des peuples ainsi que d’essor économique et de conquêtes territoriales.
Nous constatons que l’idéologie du racisme, une aberration scientifique et morale, est utilisée par tous les humains où qu’ils soient dans le monde du moment que celle-ci sert leur cause ou leurs intérêts.
Cette même idéologie se retourne contre ses « utilisateurs » lorsqu’ils sont en danger ou victimes d’injustice mais que l’opinion publique ne détecte aucune cause de
« racisme » qui la ferait leur venir en aide. L’idéologie du racisme est une arme politique utilisée par les croyants
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idéologiques et les « anti racistes », ces
derniers confirmant la multiplicité des
« races » et combattent juste pour leur
égalité. Or, il n’y a qu’une seule race
humaine.
Nous avons vu que l’esclavage, le génocide, l’ethnocide, les conquêtes, les guerres, l’exploitation sont le fait de tous les peuples dans le monde à un moment donné de l’Histoire. Tous ont contribué ou collaboré à l’horreur. Tous sont victimes et bourreaux.
Nous avons aussi noté qu’aujourd’hui pour l’ Amazonie, le monde entier, tous les peuples, assistent en direct au génocide des Indiens d’Amazonie pour des raisons territoriales, de ressources donc économiques et politiques. Aucunes
« victimes » anciennes ou actuelles ne semblent être solidaires. L’idéologie du racisme est donc sectaire.
L’ineptie de cette idéologie est d’autant plus frappante quand nous constatons qu’elle concerne toujours, dans le même temps, les pauvres « blancs » et les femmes autochtones ou « blanches ». Par ailleurs, la démographie et la mixité due à la
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mondialisation feront que cette idéologie
et la classification inhérente ne pourront se poursuivre.
L’idéologie du racisme est un paravent qui
détourne et qui a toujours détourné volontairement les citoyens de leurs
propres problèmes et de leur propre esclavage.
Aujourd’hui, au XXI° siècle, les citoyens du monde entier ainsi que leurs enfants encore à naître, sont esclaves de la dette publique d’une économie et d’une politique néolibérales.
Il nous faut sortir de nos peurs et de notre éternel sentiment de culpabilité. Ce sentiment que nous traînons par rapport à nos anciennes colonies mais aussi par rapport à cette dette mondiale et publique qui n’est pas celle des citoyens.
Il faut annuler la dette. Cette dette est virtuelle. Cette dette n’est même pas économique, elle est seulement un dispositif du pouvoir. Nous sommes conditionnés par des discours de destin auquel on ne peut échapper, le remboursement doit se faire à n’importe quel prix. Et le prix est celui des vies
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humaines. On entre dans le cercle vicieux du « racisme », du nationalisme, du
radicalisme, de l’autoritarisme mais cela ne
changera rien à ce qu’attendent les
créanciers. La Grèce oserait-elle la question ?
« Aucune des vertus morales ne nait
naturellement en nous (...) C’est en
bâtissant qu’on devient architecte. » Aristote (Ethique à Nicomaque)
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