LA MELANCOLIE

La mélancolie, une double hélice: la palme du dégoût de la vie et celle d'une source de création.
La mélancolie n'est pas une maladie mais un mal autant qu'un bien puisqu'elle nourrit les "génies". C'est toute l'ambiguité de la mélancolie qui passe du morbide à l'exaltation.
Pourquoi, comme dirait Aristote, les hommes d'exception sont-ils manifestement mélancoliques? Et certains au point même d'être saisis par des maux dont la bile noire est l'origine?

La question est posée.

Au commencement était la rate que diverses expressions dans toutes les langues disent être à l'origine de l'humeur noire et bilieuse de notre tempérament.
La rate que les Anglais nomment si joliment Spleen et sans laquelle nos plus beaux livres ne seraient que de l'artisanat, sublime soit! mais sans coeur, sans tripes.
Il n'y a pas de mélancolie sans mémoire et inversement. Les optimistes joyeux sont incapables de rêver à des "vies antérieures" disait Proust et Poe ne voyait pas les choses autrement.
Ne croyons pas que l'auteur mélancolique n'est que triste. Il sait rire comme Nabokov, être méchant, colérique comme Baudelaire, pleurer comme Chateaubriand ou encore être "noir" comme Kafka.
Se méfier donc de l'apparence des mélancoliques comme le faisait remarquer Byron. Les joyeux voudraient sans doute que cette "tradition" dans la littérature ne fût qu'un épisode mais elle est de toutes les époques.
Elle ne s'arrêtera que lorsque s'arrêteront les écrivains.
C'est pourquoi j'écrivais que le culte de la joie, du bonheur à tout prix est un leurre et un dogme totalitaire.
Gardons notre bile et chérissons-la!

Magy




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