Renoncement et renonciation

En tant qu'individu, membre de la société et en tant que société avons nous franchi la ligne qui sépare le renoncement de la renonciation?

Ces deux noms dérivent du verbe renoncer.
Le renoncement s'attache aux domaines de la morale. Il parle de faire volontairement ou de vouloir faire cesser quelque chose au nom de valeurs qui nous semblent plus grandes, plus importantes ou encore de sacrifier nos satisfactions en biens ou attachements au profit de la spiritualité.

La renonciation, quant à elle, vise le domaine juridique, tel l'abandon des droits par actes légaux ou dans le langage courant l'abandon d'un projet, d'une idée.

Maintenant que la distinction est faite, nous pouvons regarder de plus près notre façon d'agir par rapport aux évènements actuels et réfléchir si nos actes et nos demandes trop souvent basés sur nos émotions, notre lassitude et nos craintes ne nous ont pas menés à renoncer moralement à nos valeurs les plus chères mais pire d'acter des changements de constitution dramatiques pour la démocratie et nos libertés de citoyens.

Les changements sont toujours minimes et progressifs. On ne constate rien d'alarmant de prime abord car rien n'est vraiment visible et tout est camouflé dans un contexte chaotique. Ce n'est qu'au réveil que l'on se rend compte que tout ce pourquoi on a milité, combattu a disparu et que l'on se trouve pieds et poings liés dans une société totalitaire et intolérante.

On a vu comment, dans mon article du 6 janvier, certains Hongrois et Polonais ont entraîné tous les citoyens de Hongrie et de Pologne, qui souhaitaient comme eux des jours meilleurs, à la renonciation de leurs droits les plus élémentaires en répondant aux sirènes des extrêmes. Ils ne se sont pas rendu compte qu'ils passaient du renoncement des valeurs démocratiques à la renonciation de leurs droits tout court lorsque le gouvernement une fois en place a modifié la constitution. Il en sera de même dans tous les pays où les citoyens ne seront pas vigilants.

Les chefs de gouvernement de l'Union européenne sont champions pour nous décrire le pourquoi du "succès" des partis fascistes, d'extrême droite ou d'extrême gauche et ce qui les rends si attrayants. Il est donc vraiment curieux pour ne pas dire autre chose que ces chefs de gouvernement ne se mettent pas ensemble pour définir une stratégie commune qui permettrait de mettre à mal cette montée effrayante. Ils ne doivent pas vraiment se creuser les méninges, il suffit qu'ils corrigent ce qu'ils continuent à faire de travers contre vents et marées afin que les citoyens ne soient plus dans le renoncement et en viennent sans s'en douter à la renonciation qu'on osera encore appeler "démocratique"!!!
Car le piège est là et on l'entend dans les commentaires que font les "décodeurs", les spécialistes, les médias. Ce qui arrive, même le pire, est un choix démocratique et citoyen! Et bien non! D'abord, parce que les citoyens ne sont pas informés du danger de leur renoncement. On leur parle toujours "d'un méchant" mais qui semble les comprendre et apporter les réponses souhaitées. Personne ne leur explique avec des faits concrets ce qui risque d'arriver lorsque ces partis extrêmes seront au pouvoir et quelles latitudes seront les leurs dans le changement radical de notre société. Les partis actuellement au pouvoir et censés oeuvrer pour les libertés, la démocratie et le bien-être citoyen sont des couards incapables de faire les réformes que les citoyens attendent. Ils persistent à croire qu'ils vont à l'encontre d'une révolution. Une révolution aura bien lieu, sous une forme ou une autre, si la situation reste identique. Mis à part les cas pathologiques et contestataires habituels, aucun citoyen ne sera contre un changement qui mènera à une vie décente et à un pays prospère dans une Europe forte et protectrice. D'ailleurs, le mot "démocratie" sert quand on le veut bien et prend toute les formes. A tel point que notre société est devenue chaotique et que les citoyens se tournent vers des partis "à poigne" pour obtenir un d'ordre et une seule directive sans tenir compte de la suite. Un peu de psychologie ne ferait pas de mal en haut lieu non plus. Pourquoi est-il plus simple pour les "mauvais" de prendre le pouvoir et faire suivre le peuple que pour les "bons"? Une question qui traverse les siècles. Il serait peut-être temps d'y répondre.

Il en va de même avec le conflit contre les radicaux islamistes. Les gouvernements de l'Union européenne en voulant minimiser le problème, leurs responsabilités et en étant dans l'incapacité de gérer les citoyens de confession musulmane comme les autres citoyens européens, toutes nationalités confondues, ont créé un renoncement de nos valeurs occidentales et non pas une "égalité de traitement" et pire ont accédé à la renonciation de certaines de nos coutumes et de nos droits par des décrets.
On osera encore s'étonner de l'indignation citoyenne européenne qui malgré tout a été vraiment à la hauteur. Il est temps avant que tout ne soit perdu que l'on rende à César ce qui appartient à César.

Les Etats et les citoyens de l'Union européenne ont besoin de projets communs pour avancer et se fortifier. Ils n'ont pas besoin de nationalisme pour être affaiblis et détruits par les ennemis fanatiques ou les concurrents économiques. Comment est-ce possible que l'on préfère se tourner vers l'Iran et prendre des risques incommensurables plutôt que s'harmoniser et se fortifier au sein de l'Union européenne? Chacun dans son coin essaye de s'en sortir mais cela est impossible. Nous avons besoin les uns des autres. Nous devons être "un". On ne peut négocier avec les autres "blocs" économiquement, militairement que si nous sommes assez imposants. Déchirés comme nous sommes, nous ne faisons pas le poids.
Nous Européens, nous sommes fières de notre Histoire, de notre morale, de nos valeurs et nous souhaitons les garder et grandir. Nous voulons rester accueillants et civilisés mais cela ne veut pas dire que nous soyons faibles et idiots.

Montrons aussi via les médias, la presse ce que nous réalisons ensemble au sein de l'Union. Quels sont nos projets. Quel est notre futur positif ensemble. Rendons les citoyens Européens dynamiques et qu'ils relèvent la tête. Il faut répandre les nouvelles du monde et de chaque nation mais il faut aussi marteler ce que nous créons et les chefs de gouvernements, les médias ont un rôle primordial à jouer.

Non au renoncement, non à la renonciation.

Je terminerais par une très belle citation de Simone de Beauvoir car c'est le cas en Pologne et en Hongrie et partout dans le monde où l'on régresse:

"N'oubliez jamais qu'il suffira d'une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant."


Magy







Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

L'intention ne doit-elle pas l'emporter par rapport au résultat ?

Johnny est toujours dans le coffre et guess who's coming for dinner ?

Notre dernière volonté nous appartient-elle encore ?