L'Union européenne désarmée - la course au réarmement national

Après la guerre froide, une politique de désarmement s'est mise en place. On se retrouve dans une Europe qui désarme face à un monde qui réarme, même ses alliés de l'OTAN tels les Etats-Unis ou la Turquie par exemple ou certains membres comme la Grèce qui n'ont jamais diminué leur budget de défense.
On a voulu trop vite gagner les dividendes sur l'armée alors que le maintien de la paix n'a jamais été aussi nécessaire depuis la dissolution de l'ex-URSS.
Avec la crise économique, le poste de la Défense est celui qui a le plus souffert pour assainir les finances publiques.

Voici encore un domaine dans lequel l'Union européenne n'est pas à la hauteur et manque totalement de solidarité, de coordination. Les 28 Etats membres jouent toujours solo et ne peuvent donc répondre correctement aux besoins de leurs citoyens et des missions à accomplir. Le veto de la Grande-Bretagne sur de nombreux points est un handicap majeur sans compter la déclaration du "Preacherman" Obama qui a souligné avec conviction que son pays allait se désengager partiellement du continent européen au profit de l’Asie et du Moyen-Orient.

Cette coupe budgétaire aux dépens de la Défense s'est faite dans pratiquement tous les pays de l'Union européenne et sans aucune coordination. Ce qui entraîne des pénuries en effectifs ou des doubles emplois en productions, matériels, projets qui sont nocifs pour l'économie (dépenses du capital).

Cela fait des années que l'OTAN s'inquiète de voir le budget de la Défense décroître en Belgique (pour la prendre comme exemple).
Nous allons voir comment dans ce pays les querelles politiques idiotes sont plus importantes que des critiques constructives et un travail commun dans cette période plus que trouble.

Le gouvernement actuel propose un budget de +/_ 9 milliards d'euros sur 15 ans. Insuffisant! crie le PS, qui a été au pouvoir ses 25 dernières années et qui a largement coupé dans le budget.
Mais quand le PS parle ainsi, pense-t-il à la défense du pays, aux matériels anciens, aux effectifs? Car il ne faut pas confondre "dépenses"de Défense et "Budgets" de la Défense. Beaucoup s'y perdent ou nous entraînent expressément dans la confusion.
- Les dépenses de défense recouvrent les paiement réellement effectués au cours de la période effectuées. Elles incluent les dépenses courantes et de capital des forces armées (forces de maintien de la paix incluses), des ministères de la Défense, des autres agences gouvernementales impliquées dans des projets de défense, des forces paramilitaires, des activités militaires dans l'espace.

Ce concept est très différent du budget national de la défense qui comprend des postes de dépenses plus importants tels les pensions de la Défense, les dépenses sociales pour le personnel, les dépenses de fonctionnement, de maintenance, de réparation, de constitution de stock de guerre, des opérations humanitaires et de maintien de la paix, les acquisitions et la R&T pour la défense, l'aide et l'assistance militaire, l'infrastructure commune et la part d'activités mixtes (civiles et militaires).

* En Belgique, le budget de la gendarmerie était inclus dans la définition du budget jusqu'en 1991 (gendarmerie démilitarisée le 1/1/1992).

Les dernières années les dépenses traitements du personnel ont été indexées, le budget non.

- Viennent les dépenses de capital (sous Dépenses de défense) qui couvrent l'ensemble des frais imputables à l'achat de matériels majeurs et de biens de constructions. Le transfert des ressources y est très difficile et les marchés de remplacement civils sont rares, ils sont quasi inexistants au niveau de l'Union européenne.
Les chaînes de production (montage avions de combat, chantiers navals, chars, etc) suite à une demande fluctuante se trouvent parfois avec une capacité de production sous-employée. Les équipes de chercheurs, les scientifiques et ingénieurs ne peuvent se tourner à court terme vers les projets civils. Comme évoqué plus avant, tous les pays européens sont dans la même situation, on est donc face à des doubles emplois nocifs pour l'économie.

En Belgique, la hausse des dépenses du personnel liée à une baisse du budget global de la défense équivaut à des dépenses de capital trop fluctuantes et vers le bas depuis 4 ans (inférieures à 10% en 2012 et 2013).

* Source OTAN, Mémorandum statistique semestriel

Dépenses de défense en pourcentage du PIB

OTAN en euro        1,55% PIB
TTL OTAN             2,85%

BE début '80            3,3%
BE 2012                  1,05%
BE 2014                  1,03%

* Dépenses de défense par rapport au PIB (en %), en 2014
US 4,40        SI 1,08
GR 2,15       CZ 1,07
GB 2,14       CA 1,06
EE 2,01       SK 1,03
PL 1,93       BE 1,03
FR 1,83       LV 0,89
TR 1,72      HR 0,85
PT 1,54      HU 0,85
NO 1,40     ES 0,85
DK 1,39      LI 0,84
BG 1,33      LU 0,46
NL 1,31
DE 1,29
RO 1,28
AL 1,14
IT 1,13
OTAN Europe 1,55
Total OTAN 2,87
Source : OTAN, Mémorandum statistique semestriel

*On peut voir aussi que pendant la gouvernance socialiste, nos outrés actuels ont fait peu cas de la Défense:

Classement des dépenses fonctionnelles des administrations publiques (2012)
Fonction Dépenses
(millions d'euros)
Pourcentages

1 Protection sociale (10) 76.444,90 36,96%
2 Services généraux des administrations
publiques (01) 30.476,70 14,73%
3 Santé (07) 30.372,00 14,68%
4 Affaires économiques (04) 26.161,40 12,65%
5 Enseignement (09) 23.742,00 11,48%
6 Ordre et sécurité publics (03) 7.057,60 3,41%
7 Loisirs, culture et cultes (08) 4.878,20 2,36%
8 Défense (02) 3.664,90 1,77%
9 Protection de l'environnement (05) 2.509,80 1,21%
10 Logements et équipements collectifs (06) 1.544,30 0,75%
Total 206.851,80 100,00%
Source : calculs effectués sur base des données statistiques de l'ICN.


Cet article, pleins de chiffres peu ragoûtants par lesquels il faut parfois passer pour comprendre ce que l'on nous dit, se veut à nouveau un plaidoyer pour une Europe unie. Europe qui semble se fissurer et prendre l'eau de toutes parts.
Pour contrer les nationalistes extrémistes, les peurs et les haines, les Européens ont besoin d'un projet commun et ce projet c'est l'Europe.
Avec plus de 500 millions d'habitants et un PIB de 16,07 milliards d'USD PPA, l’UE est la première zone économique mondiale, alors que les chiffres correspondants des États Unis sont de 316 millions et de 15,6 milliards d'USD PPA.
Mais l'UE dépense seulement 1 tiers du budget américain pour la défense et l'UE n'est pas les Etats-Unis d'Europe ni politiquement, ni socialement ni même économiquement. Nous avons 28 Etats qui tirent profit l'un de l'autre sans partage réel et mutualisation. Nous nous affaiblissons et nous ne parvenons plus à nous défendre, ni à défendre nos valeurs, nos identités respectives face à la violence qui nous entoure. Je n'ai jamais été pour la course à l'armement mais comme expliqué dans "Quand la terre tourne carré", pour que cela fonctionne il faudrait que tous nous y participions et principalement ceux qui l'ordonnent comme les Etats-Unis par exemple. Il faudrait aussi que nous n'ayons plus d'industries d'armement et que nous ne vendions plus d'armes surtout à ceux qui nous font la guerre. L'appât du gain est si fort. On peut être utopiste et aussi réaliste. On y arrivera mais pas encore aujourd'hui.
Nos dirigeants doivent absolument parler Europe, consolider l'Europe à tous les niveaux, sécuriser les 500 millions d'habitants dans tous les secteurs de leur vie. L'UE doit être et doit rester un vaste territoire de liberté où ses citoyens peuvent circuler, penser et vivre en toute sérénité.

Magy


Références:Pr. Em. Dr. Wally Struys 




Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

L'inconcevalble est-il moins grave parce que de gauche ?

Question aux Etats membres de l'Union européenne concernant le J5 groupe de coopération contre l'évasion fiscale transnational

Les pancratiastes.