Notre compréhension sollicitée à l'infini

Pour la énième fois s'étale en caractère gras dans la presse "De la non-assistance à personnes en danger" concernant les conditions de détention des prisonniers dans certaines prisons. Cette phrase est relayée par les médias et les réseaux sociaux.

On ne peut, certes, discuter l'état pitoyable de certains centres de détention. Mettons en avant que victimes de cette situation, les membres du personnel carcéral sont en souffrance et leurs demandes inaudibles. On pourrait certainement dire "heureusement" que les prisonniers sont concernés sinon aucune organisation ni aucun pouvoir ne prendraient les décisions adéquates et on en parlerait certainement pas ou pas aussi souvent. Les réactions sont déjà lentes, elles seraient probablement inexistantes.

Si nous sommes bien au XXI° siècle mais que nous n'ayons néanmoins pas encore réellement prouvé que nous ne sommes plus des barbares, c'est bien au travers de la défense des prisonniers que nous essayons, entre autres, de recevoir l'absolution. Comme déjà écrit, la recherche des raisons et des causes des dérives comportementales est devenue une plaidoirie de l'excuse et la victime est devenue partie secondaire dans cette société.
De même, la répétition étant notre péché mignon, nous sommes dans l'incapacité d'apprendre de nos erreurs. Il y a cette obstination à valider les premières solutions comme définitives quitte à créer une situation désespérée. On insiste encore et encore sans remettre en question un principe ou une idée établie. En fait, cela s'appelle une névrose. Nos gouvernements, notre société sont névrosés.

Pendant que certains prisonniers sont en attente de leur jugement dans des trous à rats avec leurs malheureux gardiens, d'autres effectuent leur peine dans des endroits qu'envieraient nombre de sans- abri et même certaines familles à bas revenus (mise à part la routine carcérale évidemment mais on se comprend n'est-ce pas).
Ceci n'est pas du "populisme" comme on pourrait le penser. C'est un état de fait qui ajouté à d'autres difficultés exaspère le citoyen et rend les discours populistes audibles. On le constate dans les votes partout en Europe.
Les deniers des citoyens se perdent dans des tunnels obscurs. Ils sont mal utilisés, ils sont mal gérés. On a beau le dire et le redire..... il y a cette satané névrose.

Il est bien beau de vouloir racheter son âme au travers des luttes pour l'amélioration des conditions pénitentiaires mais dans le même temps ne faudrait-il pas songer à tous ces citoyens qui prennent soin de nous et qui travaillent dans des bâtiments insalubres? Je pense aux pompiers, aux policiers, aux employés des maisons communales,.... qui ont le plafond qui leur tombe littéralement sur la tête, qui sont entourés de murs moisis d'où les câbles électriques sortent, qui n'ont même pas une petite cuisine pour se faire un café et manger leurs tartines, qui ont des toilettes déplorables, ....

Je pense aussi aux personnes qui vivent dans les maison de retraite sous gestion publique ou même privée et qui doivent être évacuées d'urgence pour maltraitance ou bâtiment insalubre suite à des plaintes enfin entendues. Où sont les multiples organisations qui grondent pour les prisonniers qui, eux, sont quand-même responsables de délits ou de crimes, où sont les inspecteurs et leurs rapports, quelle priorité accorde-t-on à nos anciens? Quelle est la place, la valorisation des plus de 70 ans dans notre société? Pourquoi un gouvernement doit-il choisir entre un citoyen plutôt qu'un autre? Qui nous ressasse l'idée de l'égalité? Névrose, schizophrénie. On en sort pas.

Je songe aux écoles qui ne sont tout d'abord pas assez nombreuses puisque certains de nos enfants suivent les cours dans des containers. Aux écoles que l'on néglige et qui elles aussi sont insalubres: des classes inondées, des plafonds qui s'effondrent, des toilettes sans hygiène, des tableaux noirs avec amiante encore existants, des classes sans wifi pour les cours d'informatique!, .....

Alors, observatoires, ONG, opinion publique, associations en tous genres gardez les yeux tournés vers les prisons car il est nécessaire que les conditions de détention soient à la hauteur de ce que l'on prétend être moralement, mais n'oubliez pas la société dans son ensemble. Pour que tous nous soyons solidaires d'un projet, d'une vision, il faut que chacun s'y retrouve. A partir du moment où celui qui a rempli son contrat avec la société se sent le dindon de la farce, le pacte social est rompu. On y est plus que jamais.

Magy Craft


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